Genève : Hommage

, par  Jean-Michel OLIVIER , popularité : 15%

Une fois n’est pas coutume : Genève va rendre hommage — et de manière importante — à trois personnalités genevoises qui ont marqué la scène artistique de la fin du XXe siècle : Thierry Vernet, Fioristella Stephani
et Nicolas Bouvier.

S’il n’est pas utile de présenter l’écrivain-voyageur Nicolas Bouvier (1929-1998), il faut dire quelques mots de Thierry Vernet (1927-1993) et de Floristella Stephani (1930-2007), son épouse. Le premier a été, comme on sait, le compagnon de route de Bouvier lors de son fameux périple vers l’Orient, à travers la Yougoslavie, la Turquie, l’Iran, l’Afghanistan, jusqu’à l’île de Ceylan où Vernet abandonne Bouvier pour aller retrouver sa belle, qui n’est autre que Fioristella Stephani, et l’épouser. Bloqué sur l’île maléfique de Ceylan, Bouvier écrira le Poisson Scorpion. Vernet, pendant ce temps, tiendra ses carnets de voyage, assortis de dessins et de portraits, que l’Âge d’Homme a publiés il y a peu*.
Tant Thierry Vernet que Fioristella Stephani, plutôt méconnus de leur vivant, hors de quelques cercles romands et parisiens, avaient tous deux l’intime conviction d’être « nés peintres ». A l’écart des modes, dans leur petit logement de Belleville, à Paris, ils ont exploré toutes les ressources de leur art : dessin, gravure, aquarelle, huile, décors de théâtre ou de marionnettes. Leurs œuvres participent de deux visions originales et bien distinctes, que relie cependant un même sentiment poétique.
Issus tous deux de bonnes familles genevoises, ils se sont installés à Paris en 1958. L’hommage entend répondre à la question du départ et de la recherche d’un lieu favorable à la création.

Jean-Michel Olivier

* Thierry Vernet, Peindre, écrire chemin faisant, l’Âge d’Homme, 2005.

Thierry Vernet, illustration pour « L’Usage du monde » de Nicolas Bouvier.

PINACOTHÈQUE DES EAUX-VIVES
7, rue Montchoisy. Jusqu’au 15 février
www.pinacotheque.ch - (Tél. 022/735.66.75)
De l’usage du dessin à « l’Usage du Monde »
En constante observation des êtres et paysages rencontrés, Thierry Vernet s’est toujours senti « en voyage ». Le récit de cette aventure donnera à la fois L‘Usage du Monde, livre écrit par Nicolas Bouvier et illustré par Thierry Vernet et Peindre, écrire, chemin faisant, lettres de Thierry Vernet à sa famille. Belgrade, Kaboul, Tabriz, Téhéran et jusqu’à Colombo, partout Thierry dessine, s’émerveille, apprend, travaille, prépare des expositions qui contribuent financièrement à les pousser plus loin. La Pinacothèque offre la possibilité exceptionnelle de voir pour la toute première fois les impressions des dessins à partir des plaques typographiques originales.
Brunch de clôture à la pinacothèque : dimanche 15 février dès 11h

LES CINÉMAS SCALA
Dimanche 15 février, 19h (Tél. 022/736.04.22)
Le film 22 Hospital Street
Après deux années de voyage, au début des années 1950, de Genève au sud de l’Inde, Nicolas Bouvier arrive aux portes d’une île ensorcelée : Ceylan. Il y rejoint son compagnon de voyage, le peintre Thierry Vernet et sa femme, Floristella. Ceux-ci retournent au pays et le laissent seul dans la petite ville côtière de Galle. Bouvier y sombrera dans une zone de silence, peuplée d’insectes et de magie noire. Le récit de cette déréliction sera un livre « surécrit », d’une prose splendide et malicieuse : Le Poisson-Scorpion. Un film, réalisé par Christoph Kühn, nous en retrace les prémices et l’histoire. (Bernard De Backer, La Revue nouvelle, décembre 2006). Séances en présence de M. Christoph Kühn, cinéaste, réalisateur indépendant qui crée son propre bureau de production, « Titanicfilm » et de Mme Eliane Bouvier, compagne de Nicolas Bouvier, elle poursuit son œuvre en la mettant généreusement à disposition de jeunes talents ou de nouveaux projets. Consciente de rester l’ultime mémoire de ce quatuor d’amis, elle nous en conte l’histoire.

BIBLIOTHÈQUE DES EAUX-VIVES
Rue Sillem, 2 - Jusqu’au jeudi 30 avril
www.ville-ge.ch/bmu - (Tél. 022/786.93.00)
Peindre pour voir le monde ou « la raison du tableau est toujours la meilleure » Th.V.
L’exposition, réalisée par Francis Renevey (l’Atelier Nomade), retrace le parcours de Floristella Stephani et Thierry Vernet au gré de leurs peintures, écrits, notes, rencontres et voyages. Elle propose une réflexion sur le métier de peintre avec ses joies et ses exigences. Cette exigence vis-à-vis de soi et des autres transparaît dans leurs œuvres, souvent contemplatives, véhiculant à la fois la sérénité et l’effroi du monde.

LA COMÉDIE DE GENÈVE
Bd des Philosophes, 6 - Du 5 au 21 février.
www.comedie.ch - (Tél. 022/320.50.01)
Peindre le vrai et le faux
De 1949 à 1990, Thierry Vernet a conçu les décors de théâtre à la Comédie Française, à la Comédie, au Grand Théâtre et à l’Opéra de Chambre de Genève. De ces décors, que reste-t-il ; peu, car le spectacle fini, les décors étaient brûlés. C’est donc à travers un jeu de croquis, de maquettes, d’aquarelles ou d’accessoires que nous glanerons les éléments qui nous ont fait rêver. Ils démontrent l’habileté d’un peintre habitué à se consacrer à la recherche du vrai, mais qui se joue ici du trompe-l’oeil et de l’éphémère.
Vernissage le jeudi 5 février à 18h, spectacle de marionnettes d’Alain et Blaise Recoing à 19h, entrée libre.

Toutes les infos sur le site :www.thierry-vernet.org

Voir en ligne : Thierry Vernet

Brèves Toutes les brèves