Ernen, Festival : compte-rendu

, par  Bernard HALTER , popularité : 18%

La portion estivale des rendez-vous musicaux d’Ernen a connu ses dernières heures à la mi-août. L’ensemble des manifestations s’articulant dans le bien nommé « Village musical » a remporté un vif succès public. Les concerts baroques de juillet, surtout, ont été pris d’assaut.

La programmation de la 22e édition du « Festival du Futur » mettait pour sa part en lumière la musique des continents américains, pour en éclairer la diversité et faire la démonstration de son autonomie artistique.

La violoniste Ulrike-Anima Mathé

Ainsi, l’église du lieu laissait-elle résonner vendredi 15 août le minimalisme de Philip Glass, servi entre Charles Ives et des romantiques du vieux continent. Company de Glass, abordé sur le ton de la confidence répétitive par l’orchestre du festival, confère une touche pour le moins paradoxale en ce lieu architecturalement chargé de dorures et de fastes d’un autre temps. Tout aussi originale, la présence du Third Orchestral set de l’inclassable Charles Ives, d’une durée totale de moins de dix minutes, dévoile des mélopées mélancoliques ou évoque des chants populaires, faisant du coup de cet agent d’assurance – qui s’adonnait à la musique en dehors des heures de bureau – un homologue étasunien de Bartók. A chaque fois, l’orchestre convainc par son équilibre et sa ductilité sonore.

Dans la foulée de ces pièces américaines modernes, la violoniste Ulrike-Anima Mathé embrasse avec détermination et souplesse le sémillant Rondo pour violon et orchestre D. 438 de Schubert. Le concert s’est clos avec la magnifique Sérénade op. 22 de Dvorák donné avec grâce par des cordes respirant pleinement la magnifique acoustique de l’endroit.

Signalons encore que Heinz Holliger a animer des cours de composition à Ernen du 21 au 26 septembre.

Bernard Halter

Voir en ligne : Festival d’Ernen

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