Cernier : Anne-Laure Pantillon

, par  Beata ZAKES , popularité : 14%

La flûtiste neuchâteloise participera cet été aux Jardins Musicaux pour la cinquième fois, en tant que soliste, mais aussi derrière le pupitre de musicien(ne) d’orchestre. Rencontre avec une artiste qui recherche la diversité et l’originalité.

Pourquoi avez-vous choisi la flûte ?
La vérité c’est que je ne me souviens pas ! Ça devait être pour faire autre chose que les membres de ma famille. J’ai commencé au piano, et c’est à l’âge de 8 ans que j’ai abordé la flûte. Pendant quelques années, j’ai pratiqué les deux, mais après c’est devenu un peu plus difficile à concilier, j’ai donc fait mes choix.

Justement, le piano… Comment vit-on avec un père pianiste (Marc Pantillon) ?
On s’entend extrêmement bien, donc je ne retiens de notre relation que le côté positif. Il m’a toujours encouragée, nous jouons souvent ensemble (c’est mon accompagnateur préféré !) et nous avons fait un disque il y a deux ans. Il contient les œuvres des compositrices romantiques Mel Bonis et Cécile Chaminade.

Des femmes compositeurs ?
Oui, j’avoue que je suis un peu féministe. J’aime récupérer les choses « passées sous silence », sortir du répertoire connu. L’idée m’est venue quand je suis tombée par hasard sur la pièce de Mel Bonis justement, qui m’a beaucoup plu.

En tant que femme, comment vivez-vous votre carrière de musicienne, comment faites-vous pour durer ?
Je n’ai pas l’impression d’être discriminée. Je pense que cette profession chez une femme peut s’accorder parfaitement avec une vie de famille de nos jours.

Anne-Laure Pantillon

Pour votre disque vous avez choisi le répertoire romantique, est-ce votre période de prédilection ?
Je n’ai pas d’époque préférée. J’aime interpréter la musique contemporaine, mais je serai aussi ravie de jouer bientôt un Concerto brandebourgeois. J’ai également un projet de Concerto de Heinecke avec l’Orchestre de Chambre de Fribourg en octobre. C’est « mon » orchestre et j’y connais tout le monde, c’est donc un double plaisir.

Quel instrument jouez-vous ?
Je ne me suis jamais intéressée aux instruments d’époque. Je n’ai qu’une seule flûte en ut, je joue aussi de la flûte alto et du piccolo mais ce sont des instruments modernes. Bien évidemment, je recherche toujours la sonorité la plus adaptée. Comme dans le choix du répertoire, j’aime la diversité.

Avez-vous des modèles, des personnalités dans le monde de la flûte, qui vous servent d’exemple, dont vous aimeriez suivre les pas ?
J’apprécie énormément Emmanuel Pahud, c’est un musicien génial. Et il y a aussi Felix Renggli, mon professeur à la Hochschule für Musik de Bâle, bien évidemment.

En parlant de votre professeur, le travail pédagogique vous intéresse-t-il également ou êtes-vous pleinement concentrée sur l’interprétation ?
C’est du « moitié-moitié » véritablement. Dès la rentrée d’août je serai au Conservatoire de Neuchâtel à 50%. Le reste ce sont des concerts, en solo ou avec l’orchestre, la musique de chambre… Comme je l’ai déjà dit, j’aime quand ça change, j’aime la variété.

En tant que pédagogue, que dites-vous aux élèves débutants ?
La plupart d’entre eux sont très motivés, ils ont entendu cet instrument quelque part et cela leur a plu. Il faut dire que, la flûte, c’est un instrument qui ne demande pas d’aptitude particulière et est rapidement assez gratifiant. Au bout de quelque temps déjà, on peut jouer des petits morceaux. Par contre, ce qui est difficile, c’est que, même si la flûte n’en n’a pas l’air, la gestion de la respiration est un aspect très important. Parfois il faut souffler autant qu’un joueur de tuba…

Parlons des Jardins Musicaux de cet été. Votre récital, qui réunit les compositions de Debussy, Holliger, Berio, Dayer et Varèse, porte le titre mystérieux de « Densité 21.5 »…
J’ai emprunté ce titre à la pièce de Varèse, justement. Il s’agit d’un moment musical dédié à un artiste qui possédait une flûte faite en platine, ce qui est très rare. Comme je l’ai déjà dit, ma flûte est « classique », mais je vais m’en servir pour reconstituer un timbre particulier.

A dimanche donc, le 21 août, pour découvrir ce programme dans votre interprétation.

Propos recueillis par Beata Zakes

14e édition 13 - 28 août 2011
Information, détails : www.jardinsmusicaux.ch

Voir en ligne : Les Jardins Musicaux de Cernier

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