“Les Portraits parlés“ d’Ariane Laroux

, par  Julien GARIBALDI , popularité : 20%

L’art permet de voir le monde qui est derrière celui qui nous accapare au
quotidien, il est un accès à un mystère sensible dont l’artiste est le passeur,
un chercheur de lumière.

Ariane Laroux est née à Paris où elle passe son enfance immergée dans le dessin. Elle vient par la suite s’installer à Genève attirée par sa diversité culturelle, et y fera ses études à l’Ecole supérieure des Beaux-Arts.
Son livre intitulé « Portraits Parlés » regroupe plus de cent portraits d’hommes et de femmes qui ont pris des risques pour faire changer les choses, auxquels elle joint les conversations et échanges partagés. Cet ouvrage est un témoignage d’espoir et d’histoire contemporaine, un acte de foi en l’être humain et en la possibilité que chacun d’entre nous a d’accomplir un acte susceptible d’améliorer le monde.

Mikhaïl Gorbatchev

Le choix des personnages « croqués » est l’aboutissement d’une démarche affective, d’une aspiration vers ces personnes qui sont passées « de l’ombre à la lumière ». Ce passage consiste à réussir une transformation, une métamorphose, qui est un progrès intérieur qu’on a le goût d’accomplir durant la vie. Ce sont ceux qui ont réussi cette transformation, écrivains, hommes politiques, religieux qui intéressent l’artiste et dont elle fera le portrait. Parmi les sujets dessinés, figurent Nicolas Bouvier, Georges Haldas, Ella Maillart ; Gorbatchev, Nelson Mandela, Lech Walesa ; Sœur Emmanuelle, le Dalaï-Lama, l’Abbé Pierre et bien d’autres encore. En ce qui concerne Nicolas Bouvier, il a été choisi pour le courage de sa vie, vécue comme un voyage incessant à la recherche d’expériences devant l’arracher à lui-même et lui permettant de progresser.

Wim Wenders

Ces portraits sont pour la plupart en noir et blanc, parfois peu flatteurs, ils font ressortir au fil des traits, le regard, la bouche, les cheveux et tout à coup l’âme de ces « diseurs de foi ». Ces dessins réalisés en face des sujets qui bougent constamment sont accomplis du premier coup, sans esquisses ni retouches. Ils sont souvent lacunaires, jouant entre le plein et le vide, il leur manque quelquefois les oreilles, une partie du front ou du menton, les détails sont accentués tout comme les traits, faisant penser à des ramifications parfois feuillues.

Le travail accompli par Ariane Laroux pour la réalisation des « Portraits Parlés », qui a duré près de seize ans, est le résultat d’incessants voyages, d’heures de dialogues et de rencontres, où s’est installée la confiance révélant les qualités humaines et la profondeur des sentiments des « chercheurs de lumière ». Ce livre est donc une magnifique façon de voir le monde à travers le portrait et le dialogue ouvrant la voie du cœur.

Julien Garibaldi

“Portraits Parlés“, Préfaces de Jean Lacouture, Michel Thévoz et Nicolas Mann