Genève : Grigory Sokolov

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Le pianiste Grigory Sokolov donnera un récital au Victoria Hall, le mercredi 16 mars, dans le cadre de la série de concerts des Grands Interprètes. Il interprètera des œuvres de Jean-Sébastien Bach et Robert Schumann.

Paradoxe à l’ère de l’hypermédiatisation, Grigory Sokolov est longtemps resté un des secrets les mieux gardés des connaisseurs du piano. Diplômé du Conservatoire de Leningrad, lauréat du Concours Tchaïkovsky en 1966, il n’est pas un adepte des confidences ; il enregistre peu. Il vit la musique dans une fébrilité instantanée ; elle ne saurait être mise en boîte une fois pour toutes.

Qui l’a entendu semble néanmoins pouvoir n’en parler qu’en termes superlatifs – comme si Mère Nature l’avait doté de dix doigts à chaque main, plus véloces, aériens et bondissants que ceux de quiconque. On serait tenté de le comparer aux légendes pianistiques : sa palette illimitée de couleurs, son contrôle magique du phrasé, sa conduite olympienne de la ligne de chant, sa liberté rythmique, son agilité digitale, son génie dramatique et la vivacité d’une imagination personnelle lui confèrent l’envergure mythique des Horowitz, Rubinstein, Guilels ou Richter.

Grigory Sokolov

Qui ne l’a jamais vu traverser la scène d’un pas métronomique pour se diriger vers le piano, visage fermé, impassible et tout à sa partition, ne saurait comprendre l’effet hypnotique dégagé par sa silhouette massive, toute d’énergie musicale. Un miracle s’accomplit dès la première note : ce colosse aux doigts de fée fait sourdre la musique à l’état pur, conduite avec un souffle, une finesse et une poésie qui ne semblent pas de ce monde. Sa puissance cyclopéenne est si communicative qu’elle vous arrache aux contingences matérielles pour vous entraîner dans un univers tour à tour lumineux ou crépusculaire, halluciné ou méditatif.

Cet architecte des contrastes passe d’une rage de possédé à une précision horlogère, d’une délicatesse de dentellière à un déferlement tellurique. Il paraît se mettre en danger à chaque note et défier les lois de la nature et la mécanique de son instrument – qu’en bourreau du travail et analyste obsessionnel, il connaît pourtant dans ses plus intimes recoins. Interdit d’applaudissements, plongé dans le noir, tenu en haleine, le public est happé dans une sorte de transe musicale et ne peut que communier par son silence avec l’imperturbable concentration de l’interprète. Un sorcier.

Virginie Schaefer-Kasriel, Jeanine Roze Production

Victoria Hall – Mercredi 16 mars 2011 à 20h

Location :
- Alhambra, 10 rue de la Rôtisserie : tél : 0800 418 418, lundi.-vendredi : 10h-18h et samedi : 10h-17h
- Arcade de la Ville de Genève, Pont de la Machine : lundi 12h-17h30, mardi-vendredi : 9h-17h30, samedi : 10h-16h30, tél : 022 311 99 70
- Maison des arts du Grütli, 16 rue du Général-Dufour : tél : 022 418 35 55, lundi- vendredi : 13h-18h et samedi : 13h-18h
- Genève Tourisme, 18 rue du Mont-Blanc : 022 909 70 00, lundi : 10h-18h, mardi- samedi : 9h-18h, dimanche : 10h-16h

Voir en ligne : Agence de concerts CÆCILIA

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