Montpellier : “King Arthur“

, par  François JESTIN , popularité : 13%

Reprise de la production jubilatoire signée du couple d’humoristes, Shirley et Dino, donnée l’été dernier dans le cadre du festival de Radio-France et Montpellier.

Comme l’indiquait Frank Fredenrich dans ces colonnes (voir chronique dans SM 206 – septembre 2008), on pouvait craindre que le trait d’humour de Corinne et Gilles Benizio soit un peu épais pour la mise en scène d’opéra. Invités réguliers de la soirée de divertissement grand public d’une grande chaîne de télévision française (présentée par le non moins célèbre Patrick Sébastien), leurs sketches rigolards et braillards pouvaient a priori effrayer. Eh bien ces deux-là sont définitivement plus futés qu’il n’y paraît, et on en rit et sourit encore à la fin du spectacle, représenté sans entracte pendant une heure et 45 minutes.

« King Arthur », avec le roi Arthur, l’infirmière et les skieurs égarés
© Marc Ginot

Participation
On peut être tenté d’évoquer un opéra « participatif », avec en premier lieu la participation importante du chef d’orchestre Hervé Niquet, qui monte souvent sur le plateau, apparaît avec 4 ou 5 pantalons – ou kilts – différents au cours de la soirée, s’adresse aux spectateurs à chaque changement de tableau, chante deux airs de l’Auberge du Cheval-Blanc (dont un duo avec Dino), etc.
Participation également du public, qui est invité à reproduire, pour la scène nocturne de la forêt enchantée, divers sons lugubres, mais c’est Gilles Benizio lui-même qui joue le Monsieur Loyal de la soirée, en machiniste omniprésent. Les décors et costumes sont à la fois splendides, efficaces et drôles : des bergers baba-cool autour du feu, sous les étoiles, des faux patineurs sur un plastique transparent pour la scène du froid, un banquet final réellement moyenâgeux… mais avec des merguez bien grillées que l’on retire du barbecue !
Ce traitement du « semi-opéra » de Purcell se situe entre sketch – celui du couple de skieurs scandinaves égaré sur la scène de l’Opéra de Montpellier – et des moments plus opératiques, comme l’acte final du banquet, enchaîné presque sans interruptions. L’ordre des morceaux est chamboulé dans cette version, comme l’annonce d’ailleurs Niquet, les tempi sont par moments très rapides, et les instrumentistes pas toujours impeccables (cuivres).
Le couple de soprani, Ana Maria Labin et Chantal Santon-Jeffery, est bien équilibré, la basse João Fernandes dans le rôle-titre est solide, et surtout le baryton Marc Mauillon, au timbre clair et bien projeté, impressionne très favorablement.

François Jestin

Purcell : KING ARTHUR : le 28 mars 2009 à l’Opéra-Comédie de Montpellier.

Voir en ligne : Opéra-Comédie de Montpellier

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