New York : “Le Barbier de Séville“

, par  Philippe BALTZER , popularité : 16%

Peter Gelb, le nouveau directeur général du « Met » semble avoir la main heureuse. La critique internationale et le public ont récemment célébré sa première nouvelle production, une Madame Butterfly confiée au réalisateur du Patient Anglais, Anthony Minghella. Pour cette nouvelle mise en scène du Barbier, il a fait appel à un duo gagnant de Broadway : Bartlett Sher et Michael Yeargan.

L’intrigue de cette « Précaution Inutile » sied relativement mal à l’énorme ouverture scénique de ce temple de l’art lyrique. Afin de rapprocher l’action des 4000 spectateurs, nos deux comparses ont donc choisi de construire une passerelle autour de la fosse de l’orchestre et encouragé les chanteurs à s’adresser le plus souvent possible à l’audience. Les décors sont simplement constitués par un grand nombre de portes (qui claquent parfois) et une poignée d’orangers en pot. Un dépouillement scénique qui ajoute à la fluidité du spectacle et qui tranche avec la multitude de productions « façon crèches vivantes » trop souvent vues à New York. Bien le bonjour chez vous M. Zefirelli !
La distribution est très largement dominée par la superbe prestation du baryton suédois Peter Mattei. Du haut de ses presque deux mètres, il campe un Figaro plus souverain que valet, juvénile, joyeux, farceur, très sûr de lui, un peu en dehors de la conception traditionnelle du rôle, mais remarquable de présence, occupant toute la scène et captant tous les regards. Sa voix est superbe et puissante et s’amuse des redoutables vocalises rossiniennes du « Largo al factotum ». Au salut, longuement acclamé par des mélomanes en transe, il distribue ses cartes de visite de Barbier. Les premiers rangs s’arrachent son adresse !

Le Barbier de Séville, 2007, avec Juan Diego Florez en Comte Almaviva © Met

Cinq années après ses débuts au Metropolitan Opera, dans ce même rôle du Comte Almaviva, le jeune ténor péruvien Juan Diego Flòrez, conserve sa belle voix à l’émission claire et agile qui fait particulièrement merveille au second acte et notamment dans le célèbre “ Cessa di piu resistere ”. Malheureusement, son jeu manque toujours un peu de personnalité, et ses postures figées tranchent nettement avec la fougue de son partenaire.
Le reste de la distribution est confiée à des routiniers “ de la maison ” : Rosine trouve en Joyce DiDonato une interprète à la voix ample et expressive, l’inamovible basse bouffe John Del Carlo est un Dr Bartolo au souffle court mais au jeu truculent et John Relyea est fort convaincant en Don Basilio.
La direction comme toujours nette et précise de Maurizio Benini est également à mettre à l’actif de cette excellente soirée qui est l’un des meilleurs divertissements que l’on ait vu depuis fort longtemps à New York.

Philippe Baltzer

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