Portrait : Olga Peretyatko

, par  Martine DURUZ , popularité : 16%

Olga Peretyatko appartient à une nouvelle génération de cantatrices russes qui se distinguent aujourd’hui non plus par la puissance et la rondeur de leur voix dramatique, mais par le charme et la virtuosité, la minceur et l’élégance, la vivacité et l’aisance scénique. Elle sera la Desdémone de l’Otello de Rossini à Lausanne en février prochain et Blondchen en 2011 au Grand Théâtre de Genève.

Née à St Petersbourg, elle a, dès son plus jeune âge, fait partie du chœur du Théâtre Marinsky, soutenue par l’exemple de son père, lui-même choriste dans cette même institution. Après des études de chef de chœur dans sa ville natale, Olga Peretyatko se rend à Berlin en 2002 pour voir un ami installé dans cette ville. Il lui organise une audition à la Hochschule. Le professeur qui l’écoute lui conseille immédiatement de changer de répertoire et de revenir ultérieurement. A ce moment-là elle chantait Carmen et Dalila ! Elle choisit ensuite le professeur qui la formera et qu’elle ne quittera plus : Brenda Mitchell. Pourquoi elle et pas quelqu’un d’autre ? Simplement parce qu’elle parlait anglais ! C’est toujours avec elle que la jeune artiste travaille et recueille de précieux conseils sur l’orientation de sa carrière.

Olga Peretyatko

Déconstruire pour reconstruire
Il lui a fallu du temps pour modifier sa tessiture et les habitudes de ses muscles. Déconstruire pour reconstruire, en se servant d’abord des fameux airs antiques connus de tous les apprentis chanteurs. Au cours de ses six années d’études, elle a cherché avant tout à acquérir le plus d’expérience possible, sur scène ou au concert. Le Studio de Hambourg, qu’elle a fréquenté de 2005 à 2007, lui a fourni des occasions précieuses. Et ce n’est qu’en 2009 qu’elle a finalement eu le temps d’obtenir son diplôme à l’Académie de musique Hanns Eisler de Berlin, après avoir remporté le premier prix de plusieurs concours, dont le Concours International Ferruccio Tagliavini pour jeunes chanteurs en 2003 et le prix du belcanto au Concours International Rossini à Bad Wilbad en 2006. Elle a également reçu un deuxième prix et le prix Mozart à Bad-Mergentheim en 2006 et le deuxième prix du fameux concours Operalia Placido Domingo à Paris en 2007. On comprend que l’obtention de son diplôme ait été retardée !
Son répertoire comprend déjà de nombreux rôles. On discerne une préférence pour Mozart (Susanne, Reine de la nuit, Blondchen, Konstanze) et Rossini (L’occasione fa il ladro, Il Viaggio a Reims, Il Signor Bruschino, La Donna del Lago, Otello, La Scala di Seta), mais elle a aussi été Zerbinetta, Gilda, Olympia, Anne Truelove, et Giulietta (I Capuletti e i Montecchi)).

Olga Peretyatko dans « Otello » de Rossini, dans la production de l’Opéra de Pesaro
Crédit Opéra de Pesaro

Otello
Olga Peretyatko incarnera Desdémone, pour les spectateurs lausannois, comme elle l’avait fait en 2007 au Festival de Pesaro aux côtés de Juan Diego Florez et Gregory Kunde. Ses partenaires seront différents mais la mise en scène de Giancarlo del Monaco restera la même. Il a fait de cette héroïne le personnage principal de l’œuvre. Bien que cette partie ait été à l’origine composée pour la Colbran, un mezzo avec des aigus faciles, la cantatrice russe dit pouvoir l’interpréter avec sa voix.
Une grande énergie lui est indispensable, car le rôle est long. Elle a passé sept mois à s’y préparer, en commençant par le troisième acte, le plus intéressant. Dans la production de del Monaco, les décors sont rares et tout repose sur l’expressivité des chanteurs : chaque mot doit être ciselé, chaque intonation doit être justifiée, et l’interprétation évolue avec l’interprète.

Projets
A Barcelone et à Munich, Blondchen, qu’elle reprendra à Genève en novembre 2011, le Rossignol de Stravinsky à Aix en Provence en juillet 2010 et Giulietta (Bellini) à Munich en mars et avril 2011.

D’après des propos recueillis et traduits de l’allemand par Martine Duruz

Enregistrements :
- « La Donna del Lago » de Rossini
- « Semiramide » de Meyerbeer chez Naxos

Les 21 à 17h, 24 à 19h, 26 à 20h, et 28 février à 17h : « Otello » de Gioacchino Rossini. Prod. Opéra de Lausanne / Rossini Opera Festival de Pesaro / Deutsche Oper Berlin. Orchestre de Chambre de Lausanne. Chœur de l’Opéra de Lausanne. Direction musicale Corrado Rovaris. Mise en scène Giancarlo del Monaco. Salle Métropole (loc. 021/310.16.00)

Brèves Toutes les brèves