Paris : « Diplomatie »

, par  Philippe BALTZER , popularité : 10%

Nous sommes en août 1944, dans une suite de l’Hôtel Meurice. Un ordre impératif, signé de la main d’Adolf Hitler, est sur le bureau du Gouverneur du « Gross Paris » le General Dietrich von Choltitz : « Brennen Paris ».

Les artificiers ont terminé leur travail. Les charges explosives sont amorcées sur les 62 ponts qui jalonnent la Seine et les soldats allemands n’attendent plus que l’ordre de leur supérieur pour réduire la Capitale en cendres.
Mais chacun d’entre nous sait que Paris ne sera pas détruit. Pour quelles raisons ce général nazi dont la loyauté à l’égard du IIIème Reich était sans borne, n’a-t-il pas exécuté les ordres du Führer ? Un homme aura joué un rôle important dans cette décision salvatrice : le Consul de Suède à Paris, Raoul Nordling.

Duel historique
Cyril Gély, imagine les négociations entre ces deux hommes et les stratagèmes ingénieux du Suédois pour convaincre von Choltitz de renoncer à son funeste projet.
Le duel rhétorique et historique est un genre théâtral dont le succès va grandissant. Un des grands thuriféraires du genre, Jean-Claude Brisville, avait fait s’affronter sur les planches : Pascal et Descartes (la foi ou la raison) ou Foucher et Talleyrand (le crime et le vice) et nous prépare sans doute une pièce sur un grand moment de diplomatie de l’histoire récente : Hans-Rudolf Merz et Mouammar Kadhafi (Petzi et le despote).

« Diplomatie » avec Niels Arestrup et André Dussolier
© Dunnara Meas

C’est principalement pour la qualité de ses interprètes que Diplomatie se joue tous les soirs à guichets fermés et devrait moissonner quelques statuettes ridicules distribuées à intervalles réguliers.
Lorsque Niels Arestrup fait face pour la première fois au public, qu’il toise silencieusement, un frisson parcoure l’échine de chaque spectateur qui se demandera pendant toute la représentation si von Choltitz n’a pas décider de brûler Paris … ce soir !
L’interprétation de Niels Arestrup, imprégnée de dureté et douceur, est tout simplement prodigieuse et constitue sans doute ce que le théâtre privé a présenté de mieux depuis quelques temps.
Face à lui, André Dussolier campe un diplomate chafouin et passe-muraille. Son charme naturel fait bien entendu merveille mais ne parvient pas à se hisser à la hauteur de son partenaire.
Alexandre Dumas aurait un jour déclaré « on peut violer l’histoire à condition de lui faire des enfants ». En voilà un beau, cher Alexandre.

Philippe Baltzer

« Diplomatie » de Cyril Gerly mis en scène par Stephane Meldegg avec André Dussolier et Niels Arestrup.

REPRISE EXCEPTIONNELLE.
Du 1er octobre au 31 décembre 2011

Voir en ligne : Théâtre de la Madeleine, Paris

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