Paris : Kiefer / Rodin

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À l’heure du centenaire de la mort d’Auguste Rodin, le musée affirme plus que jamais sa programmation en lien avec les artistes contemporains et donne carte blanche à Anselm Kiefer. Investissant la salle d’exposition, l’exposition témoignera de la rencontre singulière de ces deux géants, pétris de liberté et affranchis de toutes contingences artistiques.

Les similitudes de parcours, de sources d’inspiration et de procédés créatifs de Kiefer et de Rodin mettent en évidence une originalité instinctive. Attirés par l’accident, disponibles au hasard, ils exploitent tous les domaines, manipulent toutes les matières, empruntent les chemins de traverses et s’autorisent autant d’agencements et d’audacieuses mutations.

Invité par le musée Rodin à travailler à partir de l’ouvrage que Rodin consacra il y a plus de cent ans aux « Cathédrales de France », Anselm Kiefer a très vite souhaité élargir ses investigations à l’ensemble de l’univers créatif du sculpteur. Kiefer est un artiste qui, comme Rodin, expérimente sans fin des combinaisons de formes et s’intéresse à la matière, associant délibérément des éléments de provenance et de statut différents. À travers ses vitrines, peintures, livres, il joue de tous les supports et use de toutes les techniques pour comprendre ou digérer l’héritage du passé et apprivoiser ici l’univers rodinien.

L’exposition commence donc par la présentation de vitrines, toutes inédites. Elles se répondent les unes aux autres, mêlant aux vestiges de sa propre vie des objets de nature et d’origine diverses et créant par la même occasion des rapprochements souvent inattendus et parfois déroutants. En effet, lorsque Kiefer s’immerge dans l’œuvre de Rodin, il entame un long périple. Des croquis d’architectures, en nombre limitée, à l’immense corpus des dessins érotiques, qu’il consulte à plusieurs reprises, l’artiste s’arrête volontiers aux dessins découpés avant d’être attiré par les innombrables sujets en plâtre déclinés par Rodin et la profusion d’abattis – fragments de jambes, bras ou têtes.

Ce voyage dans l’univers rodinien lui permet aussitôt d’imaginer des formes nouvelles. Ainsi dans ses vitrines, Kiefer agence les débris de ces progénitures qu’il s’approprie. Il introduit divers éléments, d’autres matériaux. Et de ces métamorphoses, il attend, patient, que se produise selon ses propres termes « l’étincelle ». À la lisière de l’étrange, chacune de ses vitrines est une ode au mystère, un univers poétique dans lequel Kiefer nous invite à le suivre.

En écho aux œuvres d’Anselm Kiefer, l’exposition se poursuit dans l’hôtel Biron où sont présentés pour la première fois des plâtres de Rodin qui témoignent des préoccupations communes aux deux artistes.

Jusqu’au 22 octobre 2017

Voir en ligne : Musée Rodin

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