Laténium, Hauterive
Hauterive : Du Nil à Alexandrie

L’eau dans l’Egypte ancienne constitue le thème central de l’exposition présentée au Laténium.

Article mis en ligne le décembre 2009
dernière modification le 31 mai 2010

Grâce à l’eau du Nil qui alimentait par canal la célèbre ville fondée par les Grecs à la fin du IVe siècle avant notre ère, Alexandrie a connu un extraordinaire essor économique et un rayonnement scientifique et culturel unique en Méditerranée.
Conçue et réalisée avec le Centre d’Etudes Alexandrines dirigé par le célèbre égyptologue Jean-Yves Empereur, la nouvelle exposition du Laténium présente l’exploitation de l’eau à Alexandrie et en Egypte, de l’Antiquité à nos jours.

Genèse d’un projet et première mondiale
A quelque distance des pyramides d’Egypte, à l’ombre du fameux phare et de la bibliothèque d’Alexandrie, l’exposition se concentre sur un thème nouveau et moins connu : celui de la "conquête" de l’eau. La ville d’Alexandrie a été construite dans une zone privée d’eau douce, sans sources naturelles d’eau potable.
Comment a-t-elle donc pu connaître un tel essor économique dans l’Antiquité ? Comment a-t-elle pu devenir l’une des cités les plus influentes et les plus prospères de la Méditerranée ?

Ce thème passionne depuis plusieurs années Jean-Yves Empereur et son équipe du Centre d’Etudes Alexandrines (CEAlex).
C’est en 2006, lors de l’un de ses passages à Neuchâtel, que germa l’idée d’une exposition sur l’eau à Alexandrie, ville fondée par les Grecs, sur l’initiative
d’Alexandre le Grand, à la fin du 4e siècle avant notre ère. Aujourd’hui, ce projet s’est concrétisé : avec l’aide du Laténium, le CEAlex a créé un concept d’exposition itinérante, dont la première mondiale a été inaugurée à Neuchâtel le 22 octobre.

Approvisionnement en eau par canaux depuis le Nil dès l’Antiquité, constitution de réserves dans d’énormes réservoirs aménagés sous la ville à l’époque médiévale, utilisation d’engins mécaniques permettant de distribuer l’eau à l’ensemble de la population et d’arroser les cultures, importance accordée à l’eau dans les croyances et les pratiques funéraires ... sont quelques-uns des aspects abordés dans cette exposition.

Parcours de l’exposition
Le visiteur remonte la vallée du Nil jusqu’à Alexandrie en marchant sur une carte de géographie posée sur le sol. Chemin faisant, il découvre la navigation antique,
la faune aquatique des rives du fleuve, la crue du Nil évoquée par une stèle gravée de hiéroglyphes et par les gourdes du Nouvel An. Puis il arpente la région d’Alexandrie en suivant le canal du Nil à Alexandrie, en faisant connaissance avec les divinités et les saints qui ont marqué les populations locales au fil des siècles.
Il gagnera ensuite la partie centrale de l’exposition, qui retrace, par le biais de maquettes, l’histoire des citernes d’Alexandrie.

Le parcours se poursuit par différentes inventions égyptiennes : instrument de musique (orgue hydraulique), instrument de mesure du temps (clepsydre), engins mécaniques pour extraire l’eau (chadouf, sakhie, vis d’Archimède).
Enfin, la dernière partie de l’exposition présente l’usage de l’eau à une époque récente : porteuses d’eau, "gargoulettes", "arbre à pots". La visite s’achève par les techniques d’architecture navale, de simples embarcations de pêcheurs en papyrus ("papyrella") aux bateaux géants (Syracusia) construit par Hieron II.

Tous les objets archéologiques présentés, découverts à Alexandrie et dans la Vallée du Nil, proviennent de collections publiques et privées suisses.

Présentée en première à Hauterive, cette exposition voyagera ensuite dès 2010 dans différentes parties du monde.

A voir jusqu’au 30 mai 2010.

* Ce récipient de forme tronconique, aménagé d’un trou permettant l’écoulement régulier de son contenu, est une horloge à eau, instrument destiné à mesurer le temps, de jour comme de nuit. La première mention de cet instrument figure sur une tablette babylonienne du 18e siècle av. notre ère. La nuit égyptienne était divisée en douze heures à toutes les saisons. Ainsi, la paroi intérieur du récipient comporte une graduation propre à chaque mois de l’année. Les noms des douze mois de l’année sont inscrits sur le bord du vase, au-dessus de la graduation correspondante. Cette clepsydre, découverte en 1904, est le plus ancien exemplaire égyptien connu à ce jour.