Film de décembre 2009 : “Kerity, la maison des contes“

En adaptant Kerity la maison des contes d’Annick Leray, Dominique Monféry propose un joli conte pour enfants.

Article mis en ligne le décembre 2009
dernière modification le 26 novembre 2011

par Firouz Elisabeth PILLET

Kerity, la maison des contes


de Dominique Monféry, avec les voix de Jeanne Moreau, Julie Gayet, Liliane Rovère, Pierre Richard, Denis Podalydès, Lorànt Deutsch, Gonzales. France, 2009.

Chaque année, Nathanaël, sa sœur Angelica et leurs parents passent les vacances dans la maison de leur grande-tante Eléonore en bord de mer. Mais cette année, l’ambiance est tristounette. Tante s’est endormie à jamais et a légué toute sa collection de livres à Nathanaël, 7 ans. Sa grande sœur, qui ne reçoit pour héritage qu’une poupée en porcelaine, est jalouse. Elle se venge en se moquant du petit garçon qui ne sait pas lire ! Alors qu’un terrible orage détruit le toit de la maison, Nathanaël propose de vendre les livres pour réparer les dégâts. Mais entre-temps, il découvre l’incroyable vie secrète des personnages de contes de cette bibliothèque magique. Il va devoir affronter ses peurs, croire en sa capacité et surtout apprendre à lire en un temps record pour sauver ses nouveaux amis.

« Kerity, la maison des contes » de Dominique Monféry.

Basé sur un scénario original d’Annick Leray, Kerity la maison des contes est une histoire comme celle que l’on raconte devant l’âtre ou quand les parents viennent border leurs enfants, une histoire faite à l’artisanal, entièrement dédiée à la maxime suivante : « Ce n’est pas parce que c’est inventé que ça n’existe pas . » Cette phrase paradoxale prône la vérité du conte. Dès le sous-titre – la maison des contes – le public est averti du contenu du film qu’il va voir.
Réduit à la même taille que les héros des contes par la fée Carabosse, Nathanaël a pour mission de sauver les livres de sa tante remis au brocanteur Pictout, affairiste et vénal. Accompagné d’Alice et du Lapin Blanc (évadés du pays de merveilles), mais aussi de l’Ogre à l’appétit vorace, Nathanaël se sent pousser des ailes, ce qui est bien normal quand on a la taille d’un héros de conte pour enfants.
C’est bien là le propos du film : un conte pour les enfants. Ces derniers y trouveront leur compte/conte car le graphisme des dessins est aéré et les teintes, à dominante ocre, apaisantes pour les yeux comme pour l’esprit. Sur les traces de Nathanaël, les plus petits comprendront de manière subtile qu’il ne faut jamais baisser les bras devant les difficultés, et que ne pas savoir lire n’est pas une tare mais seulement une étape dans la vie de chacun.
Dominique Monféry, homme d’expérience à qui l’on doit la mise en scène de dessins animés Disney (Hercule, Tarzan, ou Kuzco l’empereur mégalo), s’est associé à l’illustratrice de livres pour enfants Rébecca Dautremer (Princesses, Elvis, Cyrano), ainsi qu’à de prestigieux acteurs au doublage (Denis Podalydès, Pierre Richard, Jeanne Moreau).
A la vue des personnages, les parents s’amuseront à imaginer les acteurs qui leur prêtent voix, particulièrement bien choisis. Et ce sera là le seul élément cocasse de ce petit film, onirique pour les enfants, quelque peu ennuyeux pour les adultes qui s’impatienteront des fréquentes longueurs narratives et d’un humour quasiment absent, et surtout un humour premier degré. Si Dominique Monféry a travaillé sur des productions Disney, il n’en a sûrement pas retenu l’humour à degrés multiples, les clins d’œil malicieux et références diverses qui ponctuent le récit.

Firouz-Elisabeth Pillet