Festival de Lucerne
Lucerne : Cédric Pescia

Cédric Pescia a fait bonne figure lors de la séquence “Au piano“ du Festival de Lucerne.

Article mis en ligne le 1er février 2010

par Emmanuèle RUEGGER

Depuis 1998, le Festival de Lucerne invite en automne pendant une semaine les plus grands pianistes du monde entier.

Ainsi nous avons pu entendre entre autres en 2009 les Américains Murray Perahia, Emanuel Ax, les Russes Elisabeth Leonskaja, Konstantin Scherbakov, ainsi que Maurizio Pollini et Hélène Grimaud que l’on ne présente plus.
C’est en cette noble compagnie que s’est trouvé Cédric Pescia par le biais des concerts « débuts », dans lesquels sont présentés des talents internationaux prometteurs.

Cédric Pescia

Disons tout de suite que Cédric Pescia a fait bonne figure. Il a d’abord interprété avec simplicité mais aisance la Fantasie en ut majeur Wq 59 No 6 de Carl Philipp Emanuel Bach. Il a joué la sonate en la bémol majeur de Ludwig van Beethoven avec l’« expression » et l’« allégresse » voulues.
C’est avec un esprit tour à tour sérieux ou ludique qu’il a abordé Játékok (jeux) de György Kurtág, interprétant la pièce où le pianiste ne fait que mimer son jeu avec une gravité feinte.

Tiens ! Kurtág cite Schumann. Et non, c’est Cédric qui enchaîne, sans attendre les applaudissements, avec les Davidsbündlertänze op.6 du compositeur romantique. Le pianiste franco-suisse a su rendre toutes les nuances de cette composition en clair-obscur dont il a interprété les deux cahiers. Cela aurait suffit à notre bonheur. Mais là où notre pianiste a atteint un niveau supérieur, c’est dans Le courlis cendré, No 13 du Catalogue d’Oiseaux d’Olivier Messiaen, interprété dans la première partie de son récital. Là, nous avons quitté la salle de concert et nous nous sommes retrouvés dans une nature intacte.

Avec quel raffinement Cédric n’a-t-il pas joué chaque note, jusqu’aux trilles qui augmentent et diminuent d’intensité dans une même exécution. Les applaudissements et « bravos » ont été nourris, avec raison.

Emmanuèle Rüegger