Victoria Hall - Genève
Genève : Ilya Gringolts

L’archet exalté d’Ilya Gringolts, accompagné par L’Orchestre de Chambre de Genève, retentira au Victoria Hall de Genève.

Article mis en ligne le février 2010
dernière modification le 24 février 2010

par Pierre JAQUET

Son maître Itzhak Perlman a dit de lui « un merveilleux jeune artiste, dont le talent allie intelligence musicale et magie technique ».
C’est dire si la rencontre avec L’Orchestre de Chambre de Genève, placée sous la figure tutélaire de Beethoven, le 7 février prochain, s’annonce prometteuse !

Né en Russie en 1982, le violoniste a failli ne jamais embrasser de destinée musicale. Alors qu’il avait débuté l’étude de son instrument à l’âge de 5 ans, son professeur, au bout d’une année de cours, a dit à son père que l’enfant n’était pas doué, et qu’il fallait lui faire entreprendre autre chose !
Loin de se décourager, le papa, violoniste amateur lui-même, a cherché un formateur plus doué pour son fils. Les choses ont très vite pris une autre tournure. A l’âge de 10 ans, Ilya Gringolts a remporté un concours national !

Destinée
L’adolescent a par la suite étudié au Conservatoire de musique de Saint-Pétersbourg avec Tatiana Liberov et Jeanna Metallidi. Après avoir passé par des cousins établis au Canada, une bande enregistrée a abouti chez Pinchas Zukerman qui s’est intéressé au jeune homme et l’a recommandé à Itzhak Perlman. Ce dernier l’a aussitôt invité à son festival d’été. Après ce premier contact, le musicien pétersbourgeois a pu entrer à la Juilliard School de New York et il a bénéficié des conseils suivis d’Itzhak Perlman et de Dorothy Delay. Peu après, âgé d’à peine 16 ans et encore étudiant – en 1998 – il a gagné le Concours International « Premio Paganini » ; sa carrière était désormais lancée... Le 28 octobre 2001, le soliste s’est produit au concert du « Ground Zero Family Memorial », partageant la scène avec Andrea Bocelli, Renée Fleming et Sir Andrew Lloyd Webber...

Ilya Gringolts
© Henry Fair

Cet artiste désormais établi à Zurich s’est fait remarquer dans notre pays, notamment à Verbier. Lors de l’édition 2008, Ilya Gringolts a été chaleureusement applaudi pour son l’exécution de la Sonate à Kreutzer, une partition qu’il apprécie tout particulièrement, car « c’est une œuvre grandiose qui contient toutes les émotions. Elle est authentiquement humaine. » Autre lien avec notre pays : le musicien joue sur un violon Ruggeri, prêté par Otto Karl Schenk, de Berne.

Discographie
Un des premiers enregistrements d’llya Gringolts a été consacré au célèbre et populaire Concerto pour violon de Tchaïkovski, à côté du Concerto pour violon no 1 de Chostakovitch. Pour l’artiste, le couplage présente deux facettes de l’âme russe : « Le Tchaïkovski est un hymne romantique de l’âge de l’innocence. Le Chostakovitch est une expression de douleur et de solitude, de tourments de l’âme ».
Pour le reste de sa discographie, nul ne s’étonnera de trouver des Caprices de Paganini (composition qui avait été une étape décisive dans les débuts de sa carrière), des pages russes (Arensky, Taniev, Prokofiev), mais aussi des pièces de Bach. L’esthétique contemporaine n’est pas hors de son atteinte : avec la complicité d’Alexander Madzar, le concertiste a créé, en juin 2008, une sonate pour violon et piano de Peter Maxwell Davis, lors d’un festival d’été en Angleterre.

Artiste au jeu engagé, il conjugue une grande précision dans le trait et un sentiment bien slave. De quoi satisfaire les auditoires en quête d’émotions fortes. Ilya Gringolts un romantique égaré dans le monde d’aujourd’hui ? Peut-être bien !

Pierre Jaquet

Site internet : http://ilyagringolts.com/
Disques : DGG et Hypérion

Concerts du dimanche : Le 7 février à 17.00 h au Victoria Hall - Genève
Beethoven, Symphonie N° 4, Concerto pour violon et orchestre
Concert du dimanche de la Ville de Genève
Orchestre de Chambre de Genève. Michael Hofstetter, direction
Renseignements par téléphone T. 0800 418 418 / Points de vente : Alhambra, Grütli, Genève-Tourisme, Victoria Hall