Bâtiment des Forces Motrices, Genève
Genève : Cyprien Katsaris

Le pianiste Cyprien Katsaris sera au BFM avec L’Orchestre de Chambre de Genève.

Article mis en ligne le février 2010
dernière modification le 24 février 2010

par Beata ZAKES

Le 18 février prochain, le Bâtiment des Forces Motrices accueillera un soliste hors cadre. Un artiste au répertoire plutôt classique qu’il faut la peine de chercher à connaître davantage.

Qualifier Cyprien Katsaris de « simple interprète » serait sans doute trop limitatif, car ce pianiste franco-chypriote est beaucoup plus qu’un serviteur des musiques composées par les autres. Beaucoup plus ! Il serait également injuste de l’enfermer dans une présentation biographique conventionnelle, constituée de longues séries de noms, dates, titres et prix, comme le Concours International Reine Elisabeth de Belgique en 1972, le Concours International Cziffra en 1974 et les Prix des Fondations Albert Roussel et Alex de Vries, pour ne mentionner que les événements qui ont lancé sa carrière internationale. Car aujourd’hui, ce musicien cosmopolite jouit paradoxalement d’une plus grande renommée à l’étranger que dans son Hexagone natal.

Promesse d’un talent tenue
La personnalité de Katsaris, foisonnante de créativité, se révèle non seulement au travers de son jeu étincelant, engagé, plein de ferveur, mais surtout dans son parcours, ses multiples projets et activités. Ses doubles origines et une enfance camerounaise (suivie d’études assidues, de rencontres déterminantes et d’expériences fructueuses) y sont certainement pour quelque chose.
Aussi bien les critiques musicaux que ses pairs se sont exprimés à de nombreuses occasions sur le talent et l’art de ce musicien dont les années de métier n’ont pas resserré les horizons, loin de là. Citons pour preuve ces mots d’Olivier Messiaen, qui l’avait entendu dans son interprétation du 3e Concerto de Rachmaninov « et aussi dans une magnifique exécution du dernier de mes Vingt Regards. Sa technique d’acier, sa fougue, sa force et son autorité, sa brillance enfin, font de Cyprien Katsaris un merveilleux pianiste, et j’ai la plus entière confiance en son avenir. »
Cette « lettre de recommandation », signée par un grand compositeur contemporain, atteste également du vaste répertoire du pianiste, qui, dévoué à Chopin, Liszt ou Bach, s’aventure également avec plaisir et succès sur le territoire d’une musique plus moderne.

Cyprien Katsaris

Seul, ou accompagné
Inventif et perfectionniste tout à la fois, il n’hésite jamais à expérimenter. Par exemple, dans les cadences d’un concerto, il recherche un moment de communion idéale avec son public ; dans ses interprétations de Mozart, il s’amuse à créer des solos, tantôt dans le style de l’époque, tantôt dans la veine romantique. Cet individualiste (un brin excentrique), abonné aux récitals et aux enregistrements pour piano seul, n’est pas pour autant un loup solitaire : l’impressionnante liste de ses collaborations musicales – avec de grands chefs et phalanges de renommée internationale – est entièrement disponible sur son site Internet, des pages WEB par ailleurs très soignées et « complétissimes » ; en plus ces feuilles électroniques sont très généreusement ornementées d’extraits musicaux. Même si l’artiste semble apprécier l’ambiance intimiste, il ne paraît nullement intimidé par les feux des caméras : à preuve de nombreux enregistrements DVD de concerts, festivals et projets (voir la prestation filmée par Claude Chabrol au Festival International d’Echternach, Luxembourg).
Le concertiste a également développé des activités de chambriste en emmenant son « Katsaris Piano Quintet », partout dans le monde, notamment en Amérique, en Europe et au Japon.

De son propre cru
Patriote dévoué également à sa seconde patrie, Cyprien Katsaris lui rend hommage dans un CD gravé sous son propre label « Piano 21 », après une longue et fructueuse collaboration avec TELDEC. Cette publication révèle par ailleurs deux autres facettes de cet artiste polyvalent : son intérêt pour la découverte et la mise en lumière de compositions moins connues ou carrément tombées dans l’oubli ; mais aussi ses talents de compositeur, que nous découvrons dans sa Rhapsodie chypriote (comment ne pas penser à Gershwin ?). Il s’exerce à la transcription (Bach ou Mozart), tout en étant capable de traiter l’art de la composition plus à la légère, voire avec une certaine dose d’humour. Il propose par exemple, une Fantaisie sur Happy Birthday ou encore des variations sur la Marseillaise ou sur l’hymne bavarois… Autant d’idées de bis qui raviront le public genevois, gourmand de sons et toujours reconnaissant envers les artistes généreux…

Beata Zakes

Jeudi 18 février. BFM à 20h30. Cyprien Katsaris, piano. Orchestre de Chambre de Genève, dir. Claudio Vandelli.
Billeterie : Resaplus 0900 552 333 - www.resaplus.ch
A l’affiche : Stravinski, Octuor pour instruments à vent ; J.-S. Bach, Concerto N° 4 ; Bartók, Divertimento pour orchestre à cordes ; Haydn, Concerto pour piano.

Discographie récente :

- Viennese Connection (double CD contenant des oeuvres célèbres et méconnues de cinq compositeurs ayant des affinités avec la capitale autrichienne : Beethoven, Schubert, Hüttenbrenner, Diabelli, Liszt) P21 033-N
- Musique du film danois Allegro, avec Helena Christensen au casting (œuvres de J.S. Bach). KR 622
- Série « Piano Rarities » Vol. 1 [transcriptions d’œuvres connues (Vocalise de Rachmaninov) et pièces de compositeurs latino-américains (Tárrega, Barrios Mangoré ou Mompou)]. P21 030-N

www.cyprienkatsaris.net