A Genève
Genève : Black Movie 2010

Coup d’oeil sur la programmation du festival 2010.

Article mis en ligne le février 2010
dernière modification le 25 février 2010

par Rosine SCHAUTZ

Durant 10 jours, du 12 au 21 février 2010, le festival Black Movie proposera une fois de plus des regards partagés sur les cinémas d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine.

Fondé en 1991, le festival Black Movie a eu dès le départ pour vocation de valoriser et de favoriser la diversité culturelle. Au fil des ans, il a enrichi ses programmations, toujours signifiantes, donnant une place conséquente aux cinémas des continents dits du Sud (Asie, Afrique, Amérique latine).
Les films sélectionnés ont été essentiellement repérés dans les festivals par les trois directrices qui ont toujours tenu à ancrer les différentes sections proposées dans des réalités sociales et esthétiques d’aujourd’hui et dans des problématiques très contemporaines.
Le choix des films s’est donc fait cette année encore non seulement en fonction de leurs qualités artistiques évidentes, mais aussi dans un souci de possible concordance du sujet traité avec l’actualité, ou encore de la capacité de ces films à rendre compte de manière originale de l’état des préoccupations, voire des tropismes, d’un pays ou d’une région.
Le festival Black Movie continue ainsi son travail de sensibilisation à ces regards cinématographiques traditionnellement moins célébrés.

« Nymph » de Pen-Ekratanaruang (Thaïlande)
film fantastique de la section “Liaisons dangereuses“

Panorama des sections


Les Liaisons Dangereuses réunira des fictions dédiées aux rencontres passionnelles de tous ordres.

La Nada y la Rabia proposera des regards de cinéastes d’Amérique Latine aux choix narratifs et formels forts donnant à voir des figures rebelles et intrépides qui se confrontent à des environnements en lente, mais inexorable, implosion.

Made In China regroupera des documentaires indépendants venus de Chine. Outre la projection grand écran de films audacieux et engagés, Black Movie créera en exclusivité cette année un marché chinois, où une vingtaine de documents seront visibles en première européenne.

La Fièvre de l’Or traitera des difficultés économiques et du thème récurrent de l’argent dans les sociétés africaines. Ici, la caméra auscultera et s’insinuera dans des comédies musicales ou des films d’animation.

Mauvais Genre, programme de films Queer , questionnera les genres et les choix de sexualité. Consacrés aux questions relationnelles, les films de cette section illustreront la grande diversité des possibles en termes d’amour, que l’on soit d’Argentine ou d’Israël.

« Under The Tree », de Garin Nugroho (Indonésie)
drame mystique de la section “I-Sinema“

I-Sinema est un manifeste assumé. I pour indonésien, I pour indépendant. Sous cette bannière, les cinéastes indonésiens réalisent des films impertinents, se colletant avec courage la question de l’indépendance des femmes dans leur société. Ce cinéma se trouve d’ailleurs maintenant au cœur d’une polémique, le gouvernement de Jakarta ayant soudainement décidé d’opérer des contrôles beaucoup plus stricts sur sa production visuelle, ce qui a provoqué un véritable tollé du côté des réalisateurs.

Fantasmas, Vampiros y El Santo sera une rétrospective des principales icônes populaires du cinéma de genre mexicain. D’El Santo, fameux catcheur-justicier et incontestable étoile dans son pays, à la figure de la Pleureuse, en passant par les mystères d’outre-tombe, le Mexique livrera là un peu de son imaginaire fantastique.

A Suivre, véritable signature du festival, reste la section consacrée aux voix fortes, singulières, et aux réalisateurs dont les œuvres méritent un suivi attentif.

Le Petit Black Movie offrira enfin aux enfants de 3 à 12 ans l’occasion de parcourir le monde, en découvrant des films issus d’horizons multiples. Voyager au fil d’histoires ludiques, c’est avoir la possibilité de découvrir ‘la magie du grand écran’ à travers quelques longs métrages qui tranchent avec les productions habituelles. Ces films seront parfois accompagnés d’animations.

Rendez-vous de cinéma donc à ne pas bouder, car comme le pointait Godard, « Quand on va au cinéma, on lève la tête. Quand on regarde la télévision, on la baisse ». L’histoire du monde nous a appris que baisser la tête n’est jamais très bon signe, alors… rendez-vous au cinéma !

Rosine Schautz

Plus d’informations sur le site : http://www.blackmovie.ch