Film de février 2011 : “The Tourist“

Hélas, malgré le marketing déployé, le résultat est décevant...

Article mis en ligne le février 2011
dernière modification le 27 août 2011

par Philippe BALTZER

The Tourist


(USA 2010) de Florian Henckel von Donnersmarck, avec Angelina Jolie, Johnny Depp, Paul Bettany, Timothy Dalton. 1h40.

Le scénario est connu. Un jeune réalisateur non-étasunien réussit avec peu de moyens, à présenter à la face du monde un film d’auteur qui génère de juteux bénéfices et rafle quelques statuettes. Il entre alors dans le cercle très fermé des « bankable ». Un studio américain flaire le bon filon, offre un pont d’or à ce nouveau génie du 7ème art, en lui confiant de gros moyens, la présence au générique de quelques vedettes elles-mêmes « bankable », et la mise en image d’un remake d’un film de série B, C ou Z de la vieille Europe.

« The Tourist » de Florian Henckel von Donnersmarck

Bien entendu, malgré une promotion efficace, le résultat est navrant. Le jeune réalisateur est plus riche et jure, mais un peu tard …

Dans le rôle du jeune réalisateur, voici Florian Henckel von Donnersmarck, à qui l’on doit « La vie des autres » une chronique, un peu surestimée, de la vie d’un officier de la Stasi sur fond d’Allemagne d’avant et d’après le mur. Pour les « stars bankable » je vous propose : Johnny Deep et Angelina Jolie. Et pour le remake, j’ai retrouvé un vieux thriller français efficace avec Sophie Marceau et Yvan Attall : « Anthony Zimmer ».

« The Tourist » de Florian Henckel von Donnersmarck

Le dossier de presse nous dévoile que la production a tout de même usé six scénaristes pour barbouiller un remake dont l’intrigue tient sur un ticket de vaporetto : une très belle anglaise charme un touriste américain dans le train en direction de Venise. Elle l’invite à passer un week-end en sa compagnie dans un palace de « la sérénissime ». Bien entendu, le jeune homme accepte et la sublime inconnue disparaît (l’histoire ne dit pas qui paie la note du palace !). Le lendemain, la police italienne vient interroger le malheureux touriste, il réalise qu’elle l’a fait passer pour son amant, un aigrefin de haut vol recherché par toutes les polices.
Que dire de plus ? Johnny Deep est bouffi comme un panetone et Angelina Jolie porte très bien son nom malgré une maigreur inquiétante. Leur histoire d’amour est aussi émouvante qu’une bougie qui fond et le rythme du film n’est pas sans rappeler les meilleurs Maigret de l’ORTF.

Toutes les vingt minutes, un personnage claque une porte ou tire un coup de feu, histoire de réveiller le spectateur, qui laisserait bien ces deux têtes de gondole à Venise.

Philippe Baltzer