Festival International du Film Oriental 2011
Genève : Orient / Occident

Du 11 au 17 avril 2011, le Festival International du Film Oriental proposera près de 80 films.

Article mis en ligne le avril 2011
dernière modification le 23 avril 2011

par Rosine SCHAUTZ

L’édition 2011, comme les précédentes, explorera les sociétés orientales dans leur diversité et interrogera les frontières entre l’Orient et l’Occident, à travers fictions, documentaires et courts-métrages inédits ou peu connus en Suisse.

L’Orient
Dans les pays occidentaux, le terme ‘Orient’, désigne essentiellement deux grandes régions : le Machreq (Moyen-Orient) et le Maghreb (Afrique du Nord). Bien que, géographiquement, le terme Orient n’englobe pas le Maghreb et les autres pays musulmans, le festival tient à cette appellation qui, selon ses organisateurs, évoque les rêves et les mythes de cet Orient sinon rêvé, du moins quelque peu fantasmé.

« Microphone » du jeune égyptien Ahmed Abdallah

Il n’empêche qu’à l’heure de la mondialisation, il est important de renforcer les liens entre les diverses cultures en partage. La Suisse, par exemple, qui abrite plus de 400’000 musulmans, dont certains ne sont pas forcément religieux, ne connaît pas bien la situation. Un grand nombre de ces ‘musulmans’ sont en fait des Arabes laïques, des chrétiens et des juifs orientaux, et parfois même des agnostiques qui transmettent chacun à leur manière leur culture orientale et leur sentiment d’appartenance.
Le cinéma, et en l’occurrence le festival, reste ainsi un excellent moyen de rencontrer toutes ces personnes dont la parole a souvent été monopolisée, parfois peut-être confisquée, par une trop présente ‘minorité qui fait peur’ aux effets multilatéraux toxiques.

« Le deuil de la cigogne joyeuse » de Eileen Hofer

Minorités cosmopolites
Aujourd’hui, l’Orient, cet Orient multiple et cosmopolite, est en pleine effervescence. Si les médias nous montraient hier encore essentiellement les habituelles guerres fratricides, les luttes intestines, les conflits armés inter-religieux, les toujours et encore mauvaises relations moyen-orientales, la violence terroriste internationale ou encore les incroyables turpitudes politico-économiques, ce n’est plus le cas depuis les événements surgis à Midan Tahrir, connue en français sous le nom de ‘Place de la libération’ (quel nom prédestiné !). De situations similaires en soulèvements démocratiques auto-gérés et auto-générés, la révolte ne cesse de croître. Les rebellions s’enchaînent ailleurs et ébranlent, en ce moment même, une grande partie de cet Orient qui lutte, minorités souvent la main dans la main, pour de plus grandes libertés, et surtout pour ‘un monde en partage’ plus solidaire et plus participatif.

Le Festival
Le festival 2011 qui met précisément à l’honneur ces différentes minorités appartenant aux diverses sociétés civiles - que certains font mine de ‘découvrir’ subitement - sera certainement d’une grande aide pour mieux appréhender les nouvelles donnes de cette région du monde.
Ainsi l’on pourra à coup sûr mieux comprendre, grâce à cette somme de films, ce qui là-bas était en train d’incuber, et ce que politiques et journalistes, voire chercheurs et autres vaticinateurs improvisés, n’ont su, pour le coup, ni prévoir, ni guère analyser même a posteriori.

« Yanoosak », avec Alexandra Kahwagi

Les sections
Les œuvres sélectionnées seront classées dans les sections devenues désormais traditionnelles : L’Orient dans tous ses états, Regards de femmes, Voix d’Amérique. A noter que cette section regroupe les productions en provenance des pays du continent américain, idée originale qui permet de garder un œil ouvert sur des créations issues d’interactions trop souvent mal connues entre les communautés d’Orient et les peuples des Amériques. Enfin, pour les petits, le « FI-FON-FAN, le festival des enfants », car un (mini) cinéphile averti en vaut deux…
A tout cela, s’ajouteront trois thématiques : les Cinémas des minorités, le Focus sur le cinéma libanais et les Films sur l’environnement.
La cuvée 2011 propose donc un programme riche, généreux, original, fait de près de 80 films, tous genres confondus, mettant à l’honneur ces cinémas qui envers et contre tout bousculent frontières esthétiques et thématiques. Bousculent ? Oui, car le FIFOG tient depuis toujours à ‘rendre audibles des voix inaudibles et visibles des images invisibles’.
Enfin, en marge de tous ces films, on pourra comme d’habitude assister à quelques débats sur des thèmes en lien avec l’Orient et l’Occident, discussions indispensables lorsqu’on souhaite mutualiser ses points de vue ou vérifier la pertinence de ses arguments.

Rosine Schautz