Scuderie del Quirinale, Rome
Rome : Vermeer

Le siècle d’or de l’art hollandais s’expose à Rome

Article mis en ligne le 17 novembre 2012
dernière modification le 25 janvier 2013

par Viviane Vuilleumier

Pour la première fois à Rome, une exposition s’intéresse à Johannes Vermeer, le représentant le plus important de la peinture hollandaise du XVIIe siècle.

L’exposition organisée aux Écuries du Quirinal comprend une précieuse sélection d’œuvres de Johannes Vermeer - elles sont rarissimes et distribuées dans les musées du monde entier, mais aucune en Italie - ainsi qu’une cinquantaine d’œuvres d’autres artistes hollandais parmi ses contemporains.

Le visiteur peut ainsi se familiariser avec ce génie artistique dont la vie, aujourd’hui encore, reste entourée de mystère - à commencer par sa date de naissance toujours méconnue - mais aussi comprendre comment l’œuvre de ce maître de Delft se replace face aux autres artistes de sa cité natale et des autres centres de stimulation culturelle tels qu’Amsterdam, Harlem et Leyde.

Outre un chef-d’œuvre du maître, célèbre et charmant comme « la stradina », aujourd’hui à Amsterdam, l’exposition comprend des œuvres de Carel Fabritius - un des artistes les plus fameux de l’époque, mort dans l’explosion de la poudrière qui en 1654 a détruit une grande partie de la ville de Delft -, Pieter de Hooch et Emmanuel de Witte, des artistes célèbres à l’époque mais qui, aujourd’hui, sont moins connus. Ajoutons les œuvres de Gerard ter Borch, Gerrit Dou, Nicolaes Maes, Gabriël Metsu, Frans van Mieris, Jacob Ochtervelt et Jan Steen, et tant d’autres maîtres raffinés et surprenants.

Le caractère spécifique des tableaux de Vermeer et de ses contemporains reflète la culture de la moyenne bourgeoisie hollandaise du XVIIe siècle. Les sujets représentés et le fort sens du réalisme caractérisent leur style ont fascinés les collectionneurs privés de l’époque, soit les marchands, boulangers, brasseurs, qui exposaient les tableaux dans leurs habitations, demandant sans cesse de nouveaux sujets.

Au contraire, durant la même période en Italie, les acheteurs étaient de grandes institutions comme l’Église et les cours princières qui demandaient
une forme d’art public et de grand format, très variée, donc éloignée de la peinture intime et riche de nuances de Vermeer qui décrit la famille, les gestes et moments de la vie quotidienne, la lecture et l’écriture
(surtout la correspondance privée), la courtisanerie, la musique et le studio des sciences, et puis les vues de la cité, les morceaux d’un monde laborieux, lumineux d’ironie et de tendresse.. tels sont les thèmes de Vermeer.

Ces dernières années, l’art hollandais a été abondamment et universellement étudié et divers expositions lui ont été dédiées en Angleterre, en Hollande, en Allemagne, au Japon, en Espagne et aux États-Unis, toutes mémorables mais lointaines.

Actuellement, les vertus et la variété de la peinture hollandaise sont parfaitement connues en Italie ; il manquait donc sur le sol italien une exposition véritablement exhaustive sur cette période artistique féconde
que fut le XVIIe siècle, défini comme le Siècle d’or de l’art hollandais ; un véritable défi étant donné la rareté et la préciosité, voire la fragilité, de ces œuvres. Aujourd’hui, les Écuries du Quirinal sont heureuses de pouvoir offrir cette exposition et son catalogue qui aideront à comprendre et connaître la peinture hollandaise et, plus que tout, ce grand, indiscutable et absolu maître du genre, Vermeer.

Jusqu’au 20 janvier 2013.