Sur les scènes lausannoises
Lausanne : Théâtre en janvier

Les sorties théâtrales à prévoir en janvier....

Article mis en ligne le 1er janvier 2013

par Viviane Vuilleumier

Joli programme sur les scènes lausannoises pour commencer la nouvelle année, et éventuellement se “remettre“ d’aplomb après les fêtes de fin d’année. Il y a des spectacles de qualité pour tous les goûts...

Théâtre de Vidy-Lausane : The Island

Du 8 au 27 janvier : Vidy accueille deux comédiens africains que le public lausannois a déjà eu l’occasion d’applaudir en juin 2009 dans Bab et Sane de René Zahnd. Il s’agit de Habib Dembélé et Hassane Kassi Kouyaté, qui se produiront dans une œuvre issue du théâtre des « townships », The Island d’Athol Fugard, John Kani et Winston Ntshona.

L’histoire : Nous sommes en Afrique du Sud. Deux prisonniers détenus à Robben Island (là où se trouvaient tant d’opposants au régime de l’apartheid, Mandela en tête…) résistent grâce à leur imaginaire. Le soir, harassés par la journée de travaux forcés, ils se ménagent des échappées. Les voilà qui s’activent, plaisantent, passent des coups de fil imaginaires, préparent une version d’Antigone qui sera présentée à la fête de la prison, tout en rêvant d’un monde où la couleur de la peau n’aurait aucune importance.

« The Island »
© Emmanuel Delaloy

Servi par deux acteurs qui n’en sont pas à leur coup d’essai dans leurs numéros de duettistes complices, ce morceau d’humanité est un véritable petit hymne à la vie, ponctué de rires et d’envolées.

Vidy-Lausanne, La Passerelle, mar-sam à 20h, dim à 18h, relâche lun (loc. 021/619.45.45)

L’Arsenic : Désalpe

Du 10 au 13 janvier : L’Arsenic accueille, à l’Espace culturel des Terreux, Désalpe d’Antoine Jaccoud.

L’histoire : La pièce raconte la détresse des tribus et des corporations des Alpes – hôteliers, moniteurs de ski, et l’ensemble des métiers intéressés à l’exploitation de ce qu’on a longtemps appelé « l’or blanc » - devant la fin de la neige, qui a entraîné avec elle la fin de leur commerce, et du socle même de leur existence. Ils avaient certes vu les signes précurseurs de ce phénomène au fil des ans, mais, confiants dans la puissance de leurs canons (à neige), et aveuglés par leurs juteux bénéfices, ils ne l’ont, comme on dit, pas vu venir. Maintenant descendus dans la plaine (« en haut, c’est foutu »), donc complètement à plat, voire même raplapla, ils disent tout haut ce paradis perdu, rappellent les services rendus aux touristes hollandais comme aux français, et nous demandent l’asile, reconnaissant à mi-voix s’en être mis plein les poches tout de même.

« Désalpe »

Trois comédiennes et quatre musiciens, corps des plaines et cors des Alpes (quel autre instrument aurait pu chanter cela ?), incarnent ce monde englouti – dans la fiction du théâtre tout au moins, et plutôt mal en point dans la réalité.

Espace culturel des Terreux, je, sa 19h / ve 20h / di 17h (res. www.terreaux.org ou 021/320.00.46)

Théâtre Vidy-Lausanne : Ballade en orage

Du 8 au 27 janvier : Julien Mages est de retour à Vidy avec une pièce dont il signe la mise en scène, interprétée par le Collectif Division.

Julien Mages
© Mario Del Curto

L’histoire : Trois sœurs se retrouvent dans une propriété familiale pour veiller leur père. Deux frères s’y trouvent également pour reprendre la suite des affaires que dirigeait le père des filles... Le père des deux frères a rejoint celui des filles, il veille le père malade et s’occupe de recueillir ses dernières volontés afin de transmettre le témoin à ses fils. Les filles, elles, attendent le partage de la fortune personnelle de leur père que l’autre père, celui des fils, leur transmettra...
Toute l’action se déroule dans une pièce voisine de celle où les deux pères s’entre- tiennent, les coulisses en quelque sorte. Ainsi commence le huis clos.
Le père malade va mourir, alors pourra commencer le grand bal de l’héritage et des guerres intestines...
C’est sur cette trame de fond que vont se dévoiler cinq jeunes gens d’aujourd’hui, comme autant de facettes d’un seul être. Il est question dans cette ballade théâtrale d’évoquer l’héritage, la filiation et la rupture profonde qui s’opèrent lorsqu’on décide de tout quitter, comme l’a fait Lear avant d’affronter l’orage dans la tragédie de Shakespeare. A leur manière ces trois sœurs et ces deux frères revivront cet orage qu’ont traversé les deux pères...

Vidy-Lausanne, salle de répétition, mar-sam à 19h30, dim à 18h30 (loc. 021/619.45.45)

Espace culturel des Terreaux : L’Aide-mémoire

Daniel Vouillamoz
© Carole Parodi

Les 17, 18, 20 janvier : Antony Mettler met en scène L’aide-mémoire de Jean-Claude Carrière, interprété par les comédiens Caroline Guignard et Daniel Vouillamoz.

L’histoire : Lorsque Jean-Claude Carrière écrit sa première pièce en 1967, la sexualité des Français est en pleine révolution. Rien d’étonnant dès lors à ce que Jean-Jacques reçoive régulièrement des dames dans son petit appartement de célibataire et qu’il en tienne un décompte précis dans son aide-mémoire. Ce qui est plus étonnant en revanche, c’est Suzanne qui passe sa porte un matin et qui semble « entrer » de nulle part...

Une nouvelle production de la Cie Paradoxe, après « Dis à ma Fille que je pars en voyage » et « Femme de Prêtre ».

Espace culturel des Terreaux, à 20h (Location 021/320.00.46 ou en ligne : http://www.terreaux.org/)

Théâtre Vidy-Lausanne : Tabac Rouge

Du 18 janvier au 8 février : Vidy a la chance d’accueillir le nouveau spectacle de James Thiérrée, qui en signe la conception, la mise en scène, la scénographie et la chorégraphie.

« Tabac rouge »
© DR

L’histoire : Le nom de certains artistes, il suffit de le murmurer pour que les prunelles se remplissent d’étoiles, et les salles de public ! C’est bien sûr le cas de James Thiérrée qui, de La symphonie du hanneton à Raoul, a fait du rêve et de l’émerveillement, de l’humour et de la poésie scénique les éléments flamboyants de sa carte de visite. Toujours amateur de titres énigmatiques, comme pour mieux laisser dégagés les abords de la liberté, le voilà qui propose, en création mondiale à Lausanne, Tabac rouge. La grande nouveauté, par rapport aux précédents spectacles, c’est que l’enchanteur aux multiples talents ne sera pas sur scène. Cette fois, il a choisi une position plus « extérieure » : celle qui consiste à diriger une tribu d’interprètes réunis pour la circonstance. Mais nul doute que sous nos yeux va se déployer un monde de magie et de stupeur.

Vidy-Lausanne, salle Charles Apothéloz, mar-jeu-sam à 19h, ven à 20h30, dim à 17h30 (rés. 021/619.45.45)

Octogone de Pully : Les Liaisons dangereuses

Le 17 janvier : Séducteur inoubliable des Liaisons dangereuses de Stephen Frears (1988), John Malkovich transpose à son tour ce monument de la littérature française. C’est formidable de drôlerie, de méchanceté canaille.

« Les Liaisons dangereuses » selon John Malkovich

Tout en respectant la langue du 18ème siècle, il réunit neuf jeunes comédiens en jeans et crinolines pour réinventer les personnages mythiques du roman épistolaire. La correspondance amoureuse cède la place aux moyens de communication d’aujourd’hui ; Valmont et la marquise de Merteuil explosent leurs forfaits de SMS, filment leurs ébats sur leurs portables. Un pari audacieux qui ne manquera pas de séduire aussi bien les fidèles de la tradition romanesque que la génération Facebook.

L’Octogone - Théâtre de Pully à 20h30
Location/Renseignements : 021/721 36 20
Site web de l’organisateur : http://www.theatre-octogone.ch/index.php

La Grange de Dorigny : Crime et Châtiment

Du 17 au 26 janvier : Fedor Dostoïevski est sur la scène de La Grange, dans une adaptation et une mise en scène signée Benjamin Knobil ; avec Yvette Théraulaz, Loredana Von Allmen, Romain Lagarde, Mathieu Loth, Franck Michaux.

Yvette Théraulaz
photo L. Zürcher

L’histoire :Considéré comme l’archétype des romans policiers modernes, Crime et Châtiment raconte l’histoire de Raskolnikov, étudiant russe sans le sou tourmenté par un crime odieux : se pensant au-dessus de la morale et imaginant faire justice, il tue de sang-froid une vieille et odieuse usurière. Mais l’affaire ne se passe pas comme prévu et il est contraint d’assassiner aussi une innocente jeune femme...
Dostoïevski nous entraîne dans les dédales tortueux de l’âme humaine et explore les raisons qui peuvent ou qui ne peuvent pas faire d’un homme un assassin.

A noter qu’autour du spectacle a été monté une exposition de photos d’archives, en collaboration avec l’Institut de police scientifique UNIL.

La Grange de Dorigny, lun relâche, mar-jeu-sam 19h, mer-ven 20h30, dim 17h (rés. 021/692.21.24)

Espace culturel des Terreaux : La Controverse de Valladolid

Les 24, 25 et 27 janvier : L’Espace culturel des Terreaux vous propose de vous (re)plonger dans un texte de Jean-Claude Carrière qui a déjà enchanté de nombreux spectateurs. La mise en scène est de Pierre Lambert.

L’histoire : Soixante ans après la découverte du Nouveau Monde, deux hommes s’affrontent dans un couvent de Valladolid sur une question délicate : les Indiens ont-ils une âme ? Pour le dominicain Bartolomé de Las Casas, cela ne fait aucun doute  ; mais face à lui, le théologien Juan Ginés de Sepulveda affirme que certains peuples sont nés pour dominer, d’autres pour être dominés ! Les deux adversaires savent que, de leur argumentation, dépendra le sort de l’Espagne, des colonies et de l’Europe toute entière.

« La Controverse de Valladolid » par le Théâtre de l’Espoir

Les dialogues sont brillants, la reconstitution minutieuse et la chute, incroyable, laisse la porte ouverte à d’autres réflexions, d’autres interrogations tout aussi cruciales. du monde où la musique et la danse ont parfois plus de pouvoir que les mots !

Espace culturel des Terreaux, jeu à 19h / ven à 20h / dim à 17h (loc. www.terreaux.org/)

Le petit théâtre : Les ours dorment enfin

Du 30 janvier au 10 février : François Marin met en scène Les ours dorment enfin de Geneviève Billette. Un spectacle tout public dès 8 ans.

François Marin

L’histoire : Sacha se dévoue sans compter pour tenter de faire oublier aux ours polaires dont il a la charge que l’hiver tarde à venir.
A force d’attendre le froid, et malgré les efforts de leur dévoué gardien, les animaux refusent de s’endormir et finissent par dépérir. Survient Marcus, un enfant porté par les vents de la vie. Il compte bien trouver chez Sacha un refuge qu’il espère définitif. Mais comment ce brave homme pourrait-il lui consacrer une part de son temps alors que sa compagne est partie en voyage depuis près d’un an et que ses ours ont tant besoin de lui ? Marcus va pourtant tout faire pour s’accrocher à ce havre de bonheur et de tendresse, quitte à brusquer Sacha pour tenter de lui ouvrir les yeux...

Un monde de poésie, de merveilleux et d’imaginaire…

Le petit théâtre, mer-dim à 17h, ven à 19h, sam à 14h et 17h (rés. 021 323 62 13 ou lepetittheatre.ch)

A noter que ce spectacle partira en tournée en Suisse romande, et fera escale dans les salles suivantes :
- Théâtre du Crochetan / Monthey, les 18, 19, 20 février, rés. 024 471 62 67
- Théâtre de Valère / Sion, le 24 février, rés. 027 323 45 61
- Théâtre Forum Meyrin, les 26 et 27 février, rés. 022 989 34 34
- Nuithonie / Villars-sur-Glâne, les 2 et 3 mars, rés. 026 350 11 00
- Théâtre du Passage / Neuchâtel, 9 et 10 mars, rés. 032 717 79 07
- Théâtre Benno Besson / Yverdon-les-Bains, le 14 mars, rés. 024 423 65 84
- Théâtre de Vevey, le 24 mars, rés. 021 925 94 94

La Grange de Dorigny : Mein Kampf (farce)

Du 31 janvier au 3 février : La scène de La Grange accueille la tournée de l’Atelier Sphinx, qui présente la pièce de George Tabori dans la misen en scène de Frédéric Polier.

« Mein Kampf (farce) »
© Isabelle Meister

L’histoire : Le jeune Adolf Hitler quitte sa province natale et s’installe à Vienne pour faire une carrière de peintre et conquérir le monde. Mais il doit d’abord entrer à l’Académie des Beaux-Arts. En attendant, il trouve à se loger dans un foyer de sans-abri, où il partage une chambre avec deux juifs : Schlomo Herzl, un libraire ambulant, et son ami Lobkowitz, un cuisinier qui se prend pour Dieu et qui fait des miracles. Herzl a l’intention d’écrire un livre intitulé Ma vie, un titre que Lobkowitz juge sévèrement. Finalement, ils s’accordent sur Mein Kampf (mon combat). Hitler est enthousiaste...

La Grange de Dorigny, lun relâche, jeu-sam 19h, ven 20h30, dim 17h (rés. 021/692.21.24)