Sur les scènes genevoises
Genève : au théâtre en mars

Coup d’œil sur une programmation printanière

Article mis en ligne le 1er mars 2013
dernière modification le 2 mars 2013

par Viviane Vuilleumier

Il y en a à nouveau pour tous les goûts, en mars sur les scènes genevoises !

Pour les spectacles dont les représentations continuent en mars, voir le détail sur le mémento de février.

Coup d’œil sur les nouveautés de mars :

Théâtre des Marionnettes : L’échappée belle

Du 2 au 26 mars : Guy Jutard a écrit ce texte, en a imaginé la scénographie et l’a mis en scène, pour le plus grand bonheur des spectateurs.

L’histoire : Au cœur du labyrinthe, un homme marche, tâtonne. Pantin égaré, il cherche une issue, avant de lever la tête vers le ciel. Du coup, il croise le regard affectueux de ceux qui actionnent ses fils...

« L’échappée belle »
Photo de répétition Cédric Vincensini

Dans un univers fabuleux, entre ciel et terre, les marionnettes sont tissées de fils et cordes collés et assemblés. Car il y a du fil d´Ariane dans ce conte initiatique. L´ingéniosité humaine ne sait-elle pas nous tirer indemne de situations embrouillées, périlleuses ?

Théâtre des Marionnettes, sam à 17h, dim à 11h et 17h, mar à 19h (rés. reservation@marionnettes.ch, ou 022/807.31.07)

Théâtre Saint-Gervais : Purée de Karma

Du 4 au 8.3. : Avec un humour au vitriol et une fulgurance propre à sa nature, Purée de Karma de Latifa Djerbi donne corps et chair à ces problématiques à travers trois contes mettant en lumière les archétypes féminins et masculins.

Latifa Djerbi

L’histoire : On raconte que le conte est né des mésaventures d’une femme qui avait pour compagnon un homme d’une violence extrême. Il la maltraitait et la frappait quotidiennement. Un jour, elle tomba enceinte et c’est pour préserver la vie qu’elle portait en elle qu’elle commença à raconter des histoires. Elle les raconta si bien que l’homme fasciné par ses paroles ne pensa plus à la battre. Et c’est grâce à son don pour l’art du récit qu’elle donna la vie. L’histoire ne dit pas ce qu’il advint de cette femme après avoir accouché… Et c’est justement ce qui nous intéresse !

Théâtre Saint-Gervais, Salle Isidor Isou, 7ème étage - L’Atelier, mar-jeu-sam à 19h, mer-ven à 20h30 (loc. 022/908.20.20, www.saint-gervais.ch)

Théâtre Cité Bleue : L’Eveil du Printemps

Du 5 au 8 mars et du 14 au 22 mars : Omar Porras met en scène Wedekind au Teatro Malandro.

« L’éveil du printemps »
© Vanappelghem

L’histoire : Censurée lors de sa parution en 1890, attaquant de front l’hypocrisie morale et un puritanisme exacerbé, L’Éveil du printemps est une œuvre prodigieusement actuelle. Explorant les frustrations et désirs, les révoltes et découvertes de l’adolescent appelé à devenir adulte, Omar Porras nous entraîne dans un conte initiatique et incantatoire.

Théâtre Cité Bleue (billetterie@malandro.ch)

La Comédie de Genève : On ne paie pas, on ne paie pas !

Du 8 au 24 mars : Joan Mompart s’attaque à l’une des pièces les plus jubilatoires de Dario Fo, qui enchaîne quiproquos et situations burlesques.

« On ne paie pas, on ne paie pas ! »
Photo de répétition Carole Parodi

L’histoire : Jour de supermarché dans un quartier ouvrier. Un groupe de femmes, dont fait partie Antonia, se révolte contre la hausse des prix et décide de partir du magasin sans payer. L’acte est légitime, elles sont presque dans leur droit : « C’est la même chose qu’une grève, c’est même mieux ! » Mais Giovanni, le mari d’Antonia, est profondément légaliste et ne voit pas les choses de cette façon. La police non plus, qui commence à fouiller tout le secteur pour retrouver les coupables…

La Comédie de Genève, relâche lun, mar-ven 20h, mer-jeu-sam 19h, dim 17h (Billetterie : 022/350.50.01 / billetterie@comedie.ch)

Le Galpon : Des couteaux dans les poules

Du 12 au 16 mars : La jeune compagnie Tout Fait Main a porté son choix sur ce texte de David Harrower, qu’elle présente dans le cadre de l’événement “Carrefours“.

David Harrower
© Peter Dibdin

L’histoire : Au travers de trois personnages qui dépeignent le mouvement d’une humanité en devenir, d’une paysannerie qui se meurt et d’une modernité qui avance, le texte trace l’évolution d’une micro société, où le pouvoir appartient à ceux qui ont accès au savoir et aux biens matériels....
S’appuyant sur une syntaxe primitive, abrupte, rythmée et immédiate, David Harrower nous plonge dans une musicalité au langage raffiné et poétique.

Le Galpon à 20h (billet@galpon.ch)

Théâtre Saint-Gervais : Intimité Data Storage

Du 12 au 27 mars : Écrite par Antoinette Rychner et mise en scène par Jérôme Richer, c’est une tragédie qui fait confiance aux pouvoirs libérateurs de la parole et qui finit bien. Une rareté, donc.

« Intimité Data Storage »
© Isabelle Meister

L’histoire : Un jeune homme est pris à partie par sa compagne lorsqu’elle découvre qu’il cache un secret de famille. Telle une furie, elle n’hésite pas à utiliser les grands moyens pour faire cracher le morceau à sa belle-famille pétrie de honte. À sa suite, on se prend à vouloir libérer les fils emmêlés dans un entrelacs familial ; l’enquête de vérité nous tient en haleine, comme un polar. Une belle histoire autour des nœuds intergénérationnels, de ceux qui bloquent l’élan de vie, traversée par une force vitale épatante.

Théâtre Saint-Gervais, Salle Marieluise Fleisser, 2ème sous-sol - grande salle, mar-jeu-sam à 19h, mer-ven à 20h30, dim 18h, relâche lu (loc. 022/908.20.20 ou www.saint-gervais.ch)

Théâtre du Loup : 1984

Du 15 au 27 mars : La Compagnie Générale de Théâtre adapte l’œuvre de George Orwell, dans la mise en scène de Matthias Urban.

« 1984 »
Crédit Hugues Siegenthaler

L’histoire : Prophétique et terrifiant, le roman de George Orwell décrit un monde totalitaire qui offre de troublantes similitudes avec notre réalité : surveillance, paranoïa, pensée unique, censure des médias, délire sécuritaire, solitude … Au Ministère du Langage une monstrueuse langue de bois est conceptualisée. On codifie, on épure, on censure, on supprime des mots par milliers. On assiste à l’extermination en bonne et due forme des nuances, des termes nuisibles, des évocations douteuses et des sous-entendus de toute nature.

Théâtre du Loup, mar-jeu-sam à 19h, mer-ven à 20h, dim à 17h, relâche lun (rés. 022/301.31.00)

Le Grütli : Le radieux séjour du monde

Du 16 mars au 7 avril : Cette création de la Cie En Déroute, basée sur le texte de Jon Kalman Stefansson, signe la poursuite d’un travail d’immersion du spectateur dans un univers sensoriel par l’usage du son, de la lumière et de l’image.

Jon Kalman Stefansson

L’histoire : Parfois les mots font que l’on meurt de froid. Cela arrive à Barour, pêcheur à la morue parti en mer sans sa vareuse. Trop occupé à retenir les vers du Paradis perdu, du grand poète anglais Milton, il n’a pensé ni aux préparatifs de son équipage ni à se protéger du mauvais temps. Quand, de retour sur la terre ferme, ses camarades sortent du bateau le cadavre gelé de Barour, son meilleur ami, « le gamin », entame un périlleux voyage à travers l’île pour rendre à son propriétaire ce livre dans lequel Barour s’est totalement plongé.

Le Grütli, Grande salle (sous-sol), mar-jeu-sam à 19h, mer- ven à 20h, dim à 18h. Relâche lun (billetterie : reservation@grutli.ch / 022/888.44.88)

Le Grütli : Cinq jours en Mars

Du 19 mars au 7 avril : Écrite en 2004, cette pièce de Toshiki Okada dresse le portrait d’une jeunesse rompue entre ses désirs de liberté et son appréhension du futur.

« Cinq jours en Mars »

L’histoire : « Appartenir au monde... » Oui mais si l’on manifeste le jour où les Etats-Unis déclarent la guerre à l’Irak, n’aurait-t-on pas alors le sentiment que c’est plutôt le monde qui nous appartient, comme il appartient à celui qui se lève tôt ? Oui mais pourquoi pas à celui qui reste couché ? Ou à ceux qui se couchent l’un sur l’autre cinq jours de suite dans un love hotel d’une banlieue de Tokyo ? En ignorant les rumeurs pour quelques soupirs, afin que parmi ceux du dérarroi mondialisé s’en dégagent au moins certains qui seraient comme des miettes de temps partagé ?

Le Grütli, Petite Salle (2ème étage), à 20h, dim à 18h. Relâche lun (billetterie : reservation@grutli.ch / 022/888.44.88)

Théâtre Am Stram Gram : PinKpunK CirKus

Les 19, 20, 22, 23, 24 mars : Avec ce spectacle, Joël Jouanneau nous invite à célébrer la langue acrobate des poètes dans un cirque-presque-oublié.

« PinKpunK CirKus »
© Julien Piffaut

L’histoire : Au PinKpunK CirKus, on jongle avec des mots qui ont quitté leur cage ; c’est la langue qui fait son numéro, ce sont les phrases qui sautent dans le cercle de feu, c’est le vocabulaire le clou du spectacle, c’est le poème qui donne le vertige aux spectateurs, petits, jeunes, grands, vieux, tous ébahis.

Théâtre Am Stram Gram, mar-ven à 19h, mer à 15h, sam-dim à 17h (Loc. 022/735.79.24 et Service Culturel Migros)

Signalons encore quelques spectacles de danse

Théâtre de l’Usine : A sec avec du sable

Du 7 au 17 mars : « A sec avec du sable » est une pièce de danse contemporaine pour quatre égocentriques : trois danseuses et un contrebassiste.

L’histoire : Les danseuses forment un trio solidaire, mis sous tension par des individualités qui cherchent à exister au sein du groupe. Pour chacune d’elles des mécanismes se mettent en place, sont utilisés, puis abandonnés : le sacrifice, la peur, la victimisation, le ressentiment, le conflit, l’envie, le sentiment de supérioriré/d’infériorité… Le musicien, quant à lui, est un personnage singulier et à part. Il ne se préoccupe que de sa performance.

Théâtre de l’Usine à 20h30, sam-dim à 19h (rés. 022/328.08.18 ou www.darksite.ch/theatreusine/)

Salle des Eaux-Vives : Encore

Du 13 au 24 mars : Avec cet opus, Eugénie Rebetez signe son second one-woman-show tragicomique et, à rebours des modes, avance en farceuse et au culot.

L’histoire : Elle était merveilleuse dans sa robe noire au ras des genoux. Gina, demoiselle démontée dont l’âme ruisselait en show a remporté un succès phénoménal.

Salle des Eaux-Vives, 82-84 r. Eaux-Vives, à 20h30, sam à 19h, dim à 18h, relâche lun-mar (billets : Service culturel Migros, Stand Info Balexert, Migros Nyon La Combe)

Théâtre du Léman : Mr et Mme Rêve

Les 21 et 22 mars : Marie-Claude Pietragalla revient en duo avec Julien Derouault, son compagnon à la ville comme à la scène.

« Mr et Mme Rêve »

L’histoire : Evadés d’une pièce de théâtre, les deux danseurs-chorégraphes incarnent les obsessions d’un dramaturge éclairé. Leur inspiration ? Eugène Ionesco dont la capacité à inventer des mondes les fascine. M. et Mme Rêve plonge dans un monde intemporel et entraîne les spectateurs dans un étrange voyage. Les artistes dessinent un univers à la croisée de la danse, du théâtre et de l’illusion. Le réel est détourné, tout est possible : un danseur en apesanteur, une autre qui se démultiplie et des avatars interactifs comme partenaires de scène.

Théâtre du Léman à 20h30 (loc. Fnac et TicketCorner)