Palais Lumière, Évian
Évian : Jules Adler

Peindre sous la Troisième République

Article mis en ligne le 5 mars 2018
dernière modification le 22 janvier 2018

Le Palais Lumière d’Évian présente l’exposition « Jules Adler, peindre sous la Troisième République » en partenariat avec le musée des Beaux-Arts de Dole et le Musée de la Piscine à Roubaix.

Peintre franc-comtois né à Luxeuil, Jules Adler (1865-1952) fait carrière dans la mouvance des artistes naturalistes attachés au quotidien, au monde ouvrier, au travail et à la ruralité. Au Palais Lumière, collections publiques et privées seront réunies afin de proposer un parcours en neuf étapes : devenir peintre, Luxeuil et la Franche-Comté, les rues de Paris, les gures populaires, la mine, le voyage, la Grande Guerre, les chemineaux et la peinture d’histoire.

Jules Adler, « L’Armistice », 1918
Huile sur toile. Musée Charles de Bruyères, Remiremont © ADAGP, Paris 2018

Adler, pendant la première moitié de sa carrière, de 1892 à 1908, est le peintre du peuple, des ouvriers et de la misère, préoccupé par l’actualiteé des luttes sociales. Il s’intéresse surtout au petit peuple des villes, Paris essentiellement, où il vit et où sa carrière débute. Sa peinture participe pleinement à l’engouement pour le naturalisme du régime républicain installé depuis 1870.
Ces années sont celles du développement d’un langage singulier au sein du naturalisme, celles des toiles comme La Rue, Les Las, La Soupe des Pauvres où l’artiste affirme une palette sombre pour peindre la misère sociale. Celles où il descend dans les mines de Charleroi pour représenter ce « pays noir », celles où il part au Creusot observer, dessiner et peindre les luttes des ouvriers des usines Schneider. Plus rarement à cette époque, Adler peint certains sujets plus légers, fêtes populaires ou petits métiers des rues, pour lesquels sa palette s’éclaircit et se colore.

Jules Adler, « Paris vu du Sacré-Cœur », 1936
Huile sur toile. Centre national des arts plastiques, Paris En dépôt au musée des beaux-arts de Dole © ADAGP, Paris 2018

Ces hésitations entre une peinture socialement très engagée et une vision plus « anecdotique » de la société, se doublent d’une manière qui hésite entre une peinture épaisse et pâteuse, une touche brossée presque impressionniste, et une facture lissée au dessin très présent qu’il choisira finalement franchement après la guerre de 14 -18. Au tournant de 1908-1910, le peintre des luttes urbaines et sociales laisse peu à peu la place au peintre humaniste qui désormais représente « les humbles » au lieu de la misère, et retrouve les campagnes, basculement qui s’affirme après le traumatisme de la Grande Guerre.

Cette exposition est l’occasion de réécrire et de découvrir l’œuvre complexe de ce peintre, prise entre modernité et académisme.

Du 3 mars 2018 au 21 mai 2018