Musée Marmottan Monet
Paris : Collections privées

Un voyage des impressionnistes aux fauves

Article mis en ligne le 11 septembre 2018
dernière modification le 11 février 2019

Le Musée Marmottan Monet rend hommage aux collectionneurs, à ces trente passionnés qui ont offert au musée les œuvres qu’ils chérissaient pour orner les salons de l’hôtel de la rue Louis Boilly : Emile Bastien-Lepage, André Billecocq, Vicky Colombet, Simonne Dalimier, Xie Dingwei, Victorine et Eugène Donop de Monchy, .....

Le Musée Marmottan Monet a souhaité mettre en lumière le rôle de ces « particuliers » dans la vie des arts et plus largement de leur rendre hommage. Ces artistes, descendants d’artistes, amoureux des arts ont fondé les collections qui comptent notamment les premiers fonds mondiaux d’œuvres de Claude Monet et Berthe Morisot. Grâce à eux, la demeure de Paul Marmottan est devenue le musée ou mieux encore la maison des collectionneurs.

C’est à cette fin que le musée avait présenté en 2014, l’exposition « Les impressionnistes en privé » à l’occasion du 80ème anniversaire de son ouverture au public. La manifestation, conçue par Claire Durand-Ruel et Marianne Mathieu, avait reçu un accueil enthousiaste et accueilli plus de 280000 visiteurs ! Cinq ans plus tard, les deux commissaires ont conçu un nouvel opus : « Collections privées, un voyage des impressionnistes aux fauves ». En écho à l’histoire du musée Marmottan, une trentaine de collectionneurs ont accepté avec une générosité sans faille de se départir pour une durée de cinq mois de leurs plus beaux chefs-d’œuvre.

L’exposition compte soixante-deux peintures, dessins et sculptures conservés en mains privées (Europe, États-Unis, Amérique latine) et dont une importante partie n’a jamais ou rarement été vue à Paris ; cette sélection compose un itinéraire pictural, de Monet à Matisse.

Dix-neuf Monet, Renoir, Pissarro, Degas et Caillebotte inaugurent le parcours. Paysages de Bordighera, Belle-Ile, Rouen, Varengeville, bouquets de chrysanthèmes et autre nature morte, élégants portraits féminins et scènes de genre figurent dans cette section qui s’organise autour du spectaculaire Pont de l’Europe de Gustave Caillebotte, le dernier chef-d’œuvre monumental de l’artiste en mains privées. Le néo-impressionnisme est représenté par de rares Seurat, Signac, Rysselberghe mais aussi Van Gogh.

Gauguin arrive ensuite avec l’école de Pont Aven remarquablement mise en avant à travers des pièces majeures d’Emile Bernard dont Le Printemps et Les lutteurs sont présentés pour la première fois à Paris. La figure singulière de Toulouse-Lautrec n’est pas oubliée avec trois importants tableaux. Dans le registre de la sculpture, Camille Claudel a la part belle avec quatre numéros dont un plâtre inédit de La petite châtelaine. Citons également un marbre de Rodin : Tête de Saint Jean Baptiste et Tête d’Apollon de Bourdelle en bronze doré. Suivent les nabis : Bonnard, Vuillard et enfin Odilon Redon dont Le Quadrige, le char d’Apollon constitue une pièce marquante de l’exposition. Le parcours se poursuit avec Matisse dont l’une de œuvres, le précoce Côte sauvage, Belle-Ile-en-mer, n’est pas sans rappeler les Pyramides de Port Coton, effet de soleil de Monet présenté en début de parcours. Des œuvres fauves de Derain, Vlaminck, Dufy et Van Dongen clôturent l’exposition conçue comme une promenade à travers le temps et une ode à la couleur. Un parcours flamboyant.

Du 13 septembre 2018 au 10 février 2019