De Paris à Vidy-Lausanne
Lausanne, Vidy : “Le Neveu de Wittgenstein“

Le Théâtre de Vidy accueille Le Neveu de Wittgenstein et Serge Merlin.

Article mis en ligne le novembre 2007
dernière modification le 4 novembre 2007

par Ann SCHONENBERG

Bernard Levy rend hommage à Thomas Bernhard et à l’amitié que celui-ci entretint avec Paul, neveu du célèbre philosophe Wittgenstein, en mettant en scène Serge Merlin dans Le Neveu de Wittgenstein au Théâtre National de Chaillot à Paris. Le Théâtre de Vidy, un des coproducteurs du spectacle, l’accueillera du 31 octobre au 18 novembre 2007. A ne pas manquer !

Serge Merlin interprète avec brio Le Neveu de Wittgenstein de Thomas Bernhard. Ce texte n’est pas une pièce de théâtre, mais Serge Merlin, sous l’œil de Bernard Levy, donne un ton très théâtral à ce récit d’amitié. Même si Le Neveu de Wittgenstein n’est pas à proprement parler relié aux écrits autobiographiques de Thomas Bernhard, le « je » employé semble être celui de l’auteur lui-même qui narre son amitié avec Paul. Autour des souvenirs se mélangent la vie, la maladie, la mort.

Souvenirs
Quoi de mieux pour décor qu’une fresque, qui, sombre au début, s’éclaircit au fil du récit à l’image de ces pages noires - dont parlait Thomas Bernhard dans Trois jours in ténèbres – qui , apparaissent dans « une particulière netteté », sous les mots qui s’éclairent. Et au milieu de la scène, des milliers de souvenirs, de notes entassées formant des colonnes de papier, sorte de livres dans lesquels les souvenirs se puisent.

Serge Merlin

Entouré de ses écrits, Thomas Bernhard revient sur les années passées dans le même hôpital viennois que Paul. Mais ce dernier est interné au pavillon de psychiatrie alors que Thomas Bernhard est au pavillon de pneumologie. De ce premier souvenir émaneront les suivants jusqu’à celui de la mort de Paul. A travers des va-et-vient dans le temps, nous découvrirons ce qui liait ces deux hommes, ce qu’ils partageaient. Mais la peur « d’être confronté directement avec la mort » fit s’éloigner Thomas Bernhard de Paul. Il préféra garder l’image d’un Paul vivant à travers ses notes.

Ce récit fort et plein d’humour est avant tout un hommage à cette amitié si importante aux yeux de Thomas Bernhard. La prestation de Serge Merlin nous permet, l’espace d’une heure trente, de voir un Thomas Bernhard dans toute son humanité !

Ann Schonenberg

Le Neveu de Wittgenstein de Thomas Bernhard
Mise en scène de Bernard Levy
Avec Serge Merlin
Au Théâtre National de Chaillot à Paris jusqu’au 26 octobre 2007
Au Théâtre de Vidy à Lausanne du 31 octobre au 18 novembre 2007 (loc./rés. 021/619.45.45)