Entretien : Lauranne Jaquier

Rencontre avec Lauranne Jaquier, qui sera Ida dans La chauve-souris mise en scène par Patrick Lapp et Jean-Charles Simon.

Article mis en ligne le décembre 2007
dernière modification le 16 décembre 2007

par Bernard HALTER

La soprano Lauranne Jaquier arpente depuis quatorze ans les planches de l’Opéra de Lausanne, comme choriste surtout, mais également comme soliste pour des petits rôles, notamment dans des opérettes. Cette saison, elle sera Ida dans La chauve-souris de Johann Strauss fils que met en scène le tandem d’Aqua Concert composé de Patrick Lapp et Jean-Charles Simon. Rencontre un mois avant le début des répétitions.

Lauranne Jaquier affectionne le chant et le théâtre depuis le temps de ses études à l’Université de Neuchâtel en faculté de … mathématiques ! Menant alors de front sa formation musicale dans cette même ville, elle décide au terme de ses deux cursus de se lancer exclusivement dans le chant. Elle se consacre un temps à la variété, un monde qu’elle finira par délaisser pour vivre son art de manière plus collective : « En musique, j’ai besoin d’être entourée de gens, de faire partie d’un groupe même si j’aime surtout les petits ensembles. ».

Lauranne Jaquier

Lauranne Jaquier aborde en effet les répertoires ancien et baroque avec un ensemble de douze chanteurs et forme un duo régulièrement à l’affiche avec la mezzo-soprano Marie-France Baechler. Elle s’entoure au surplus des voix masculines pour chanter, notamment en quatuor, des partitions comme les Zigeunerlieder de Brahms. Manifestement, Lauranne Jaquier aime varier sa pratique artistique et le fait d’évoluer dans le milieu classique ne signifie pas pour autant qu’elle reste cantonnée à un seul et unique genre, loin s’en faut ! S’il lui arrive de chanter les parties solistes d’oratorios explorés par des chœurs romands à la faveur d’engagements ponctuels, la soprano est avant tout membre régulier de l’Ensemble Vocal de Lausanne.

« Avec Michel Corboz et l’EVL, je peux vivre la dimension spirituelle qu’apporte la musique chorale sacrée », souligne la chanteuse qui complète son panel d’activités chorales à l’opéra (Lausanne, Avenches) confessant au passage aussi aimer vivre des choses plus extérieures, plus légères de ton. « J’adore camper des rôles, jouer un personnage. Dans les chœurs d’opéra, ce n’est cependant pas toujours évident, cela dépend de l’ouvrage et du traitement que propose le metteur en scène. » Dès lors, son engagement comme soliste dans La chauve-souris lui permettra de vivre de façon plus développée cette dimension théâtrale qui lui est si chère. « Avec Ida, j’ai heureusement beaucoup à faire, notamment au deuxième acte au cours duquel j’ai aussi des tirades parlées ».

Lauranne Jaquier n’en est pas à son coup d’essai avec ces rôles secondaires qui, rappelle-t-elle en substance, exigent un aplomb vocal et théâtral immédiat. Les prestations étant souvent brèves, il n’est effectivement pas possible de masquer une éventuelle défaillance. Au cours des dernières saisons lyriques lausannoises, la jeune et sémillante cantatrice a servi divers rôles « de soubrette ou de fleuriste », caricature-t-elle non sans sourire : tout d’abord en 2002 dans Véronique de Messager, puis dans les mises en scène de Jérôme Savary de La vie parisienne d’Offenbach et de La veuve joyeuse de Lehár. A l’Opéra de Fribourg, Lauranne Jaquier a dompté la délicate musique de l’inattendu Roi Pausole d’Honegger. L’expérience s’installe chez cette soliste polyvalente qui se réjouit de partager avec le public lausannois l’humour de la pétulante Ida, les facéties de la mise en scène et l’allégresse de la pièce de Johann Strauss fils.

Bernard Halter

La Salle Métropole de Lausanne, les 26, 28, 30 et 31 décembre.