Palais Lumière, Évian
Évian : Christian Bérard (1902-1949)

Hommage

Article mis en ligne le 15 février 2022
dernière modification le 24 mai 2022

Le Palais Lumière rend hommage à Christian Bérard, une figure oubliée du monde des arts.

Christian Bérard, peintre, décorateur et costumier de théâtre, dessinateur de mode, décorateur d’intérieur, en un mot artiste polyvalent et surdoué, mène de pair vie de bohème et vie mondaine. L’oubli relatif dans lequel il tombe après son décès contraste singulièrement avec l’éclatant succès qu’il remporte de son vivant. « Bébé » Bérard —ainsi le surnomme-t-on— met son talent au service de Roland Petit et de Jean Cocteau comme de Jean-Louis Barrault et de Louis Jouvet, du magazine Vogue comme du Harper’s Bazaar. Arbitre du goût, il conseille aussi bien Christian Dior qui fut son ami, Robert Piguet qu’Elsa Schiaparelli et se fait le scénographe du Théâtre de la mode (1945). Ses succès en matière d’illustration et de décoration (pour les Noailles, les Polignac) l’amènent à négliger quelque peu la peinture de chevalet à laquelle l’a préparé l’académie Ranson (sous la direction d’Édouard Vuillard et de Maurice Denis).

Diverses expositions prometteuses l’associent au groupe « néo-humaniste » (appellation due au critique Waldemar-George) avec les frères Berman et Pavel Tchelitchew. Mais il ne tarde pas à prendre son indépendance. Ses toiles, tout particulièrement ses portraits, sont saluées par la critique. Dans Vu (juillet 1932), Jean Gallotti écrit à son propos : « On ne saurait imaginer un art plus profondément humain, et mieux fait pour nous rassurer sur les destinées de la peinture. » Et Paul Fierens dans Formes (mai 1932) : « L’œuvre de Christian Bérard nous instruit plus exactement que toute autre des vices et vertus, des craintes et des espérances d’une génération, d’une société, voire d’une élite. »

Du 5 février au 22 mai 2022