Spectacles Onésiens
Onex : musique, bons mots et mime

Trois spectacles nous convient à Onex au mois de février.

Article mis en ligne le février 2008
dernière modification le 7 décembre 2011

par Firouz Elisabeth PILLET

Place à la musique, de taille, avec Piano Seven, et place au VERBE, aux bons mots, remède idéal pour les petits et grands maux du quotidien, avec un hommage à Pierre Desproges ; entre les notes et les mots, du mime destiné aux grands comme aux petits. Trois spectacles nous convient à Onex au mois de février, trois spectacles bien répartis sur les pages du calendrier…Pas d’excuse pour ne pas sortir les agendas sur le champ.

Du mardi 5 au jeudi 7 février, les mélomanes retrouveront Piano Seven, à savoir François Lindemann, Michel Bastet, Olivier Rogg, Valentin Peiry, Marc Perrenoud, Pierre-Luc Vallet, Fabrizio Chiovetta aux pianos ; à leurs côtés, comme invités, Levon, un jeune percussionniste ayant fait ses études à la New School University et au Conservatoire de Genève, ainsi que la violoniste Stéphanie Décaillet, formée à Sion chez Tibor Varga, puis virtuosité au Conservatoire de Genève, actuellement titulaire à l’Orchestre de Chambre de Lausanne.

Piano Seven

Les fers de lance de Piano Seven ne s’endorment pas sur leurs lauriers et innovent, avec l’apport de la vidéo – images constituées éléments collectés et transformés des précédentes tournées internationales – qui lui donne une touche artistique supplémentaire. «  Ils étaient à l’affiche de la première soirée des Spectacles Onésiens, le 5 février 1988…  » se rappelle, avec émotion et nostalgie, Cyrille Schnyder. Ils sont revenus, à maintes reprises ensuite avec divers invités et, 20 ans après, jour pour jour, à l’occasion de ce jubilé mémorable, cette formation unique en son genre a elle aussi fêté ses 20 ans d’existence, après avoir fait le tour du monde (d’ailleurs, ils se sont produits à l’Opéra du Caire en janvier dernier !).
Comment présenter Piano Seven ? Ce n’est ni du jazz, car tout est écrit, ni de la musique dite classique, car les compositions émanent de chacun des musiciens du groupe, tous virtuoses. C’est une musique des 20ème et 21ème siècles qui n’existe sous aucune étiquette, imprégnée de Ravel, Gershwin ou Stravinsky, influencée par Coltrane ou Hendrix (par conséquent par les rythmes gnawas de Essaouira), mais aussi par le funk ou le rap. C’esst la rencontre de sept pianistes avec d’autres musiciens invités, qui parcourent le monde de Montreux à Singapour, du Liban à la France, de l’Egypte à la Thaïlande ou la Chine… en épatant les mélomanes du monde entier par leur créativité et leur virtuosité, des harmonies tantôt exubérantes, tantôt romantiques et leur swing ludique et contagieux.
Comme ils sont déjà coutumiers de la salle communale d’Onex, pas de soucis : ils sauront agencer leurs sept pianos à queue…Pour les entourer d’un jeu de lumières savamment dosées, Patrick Ciocca sera aux commandes des manettes.

Danvoy’

Emotion
Le mardi 20 et le mercredi 21 février permettront de découvrir le dernier one man show de Danvoy’ (ex-partenaire de Collard dans le duo les Founambules), « Toto », dans une mise en scène de Erik de Staerke. Véritable cure d’authenticité et d’émotion. Ce spectacle, créé à Bruxelles fin 2005, vient à propos pour réchauffer nos âmes en hibernation. Ayant remporté un grand succès en Espagne, puis au festival off d’Avignon avant de partir en tournée à travers l’Europe, ce spectacle arrive enfin en Suisse.
Des sketches aussi délicats qu’un tirage couleur sépia et des prises de vue parfois teintées de nostalgie. Autant dire que le fameux mime belge a peaufiné son dernier spectacle émouvant qui raconte sans mot dire, et avec humour, les pérégrinations pelliculaires d’un septuagénaire en quête d’instants immortels. Véritable mémoire du temps, El Fotògrafo nous invite, avec une larme à l’œil, à feuilleter et compléter son album souvenir dans une série de tableaux surprises. Danvoy’ nous surprend, nous émeut, nous étonne car il excelle dans son art, et pour cause… Sa devise : à quoi bon recourir aux mots, souvent cyniques, maladroits, mensongers, alors que la poésie se trouve dans le geste ? Ce spectacle étant destiné aux familles, les portes ouvrent plus tôt qu’à l’accoutumée !

Hommage à Desproges

Enfin, jeudi 28 et vendredi 29, une création signée Emmanuel Matte et Julia Vidit rendra un vibrant hommage à Pierre Desproges, qui avait joué à Onex le 23 mars 1988, peu avant sa mort… Il y a déjà 20 ans. Les spectacles onésiens sont heureux d’accueillir cette création, en première Suisse. Ce spectacle-événement est le premier hommage autorisé et souhaité par sa famille. En confiant le choix et le montage des textes à de jeunes artistes qui n’ont pas connu l’homme de son vivant, Hélène Desproges suggère combien cet auteur était visionnaire et contemporain. La contemporanéité de ses propos trouble, ses jeux de mots n’ont pas pris une ride. Desproges a toujours pointé et fustigé la bêtise de ses congénères. Son style moderne et mordant a séduit ces jeunes comédiens qui ont cherché à recréer, à travers l’abondante littérature desprogienne, un Alceste moderne. La metteur en scène de préciser : «  Un homme d’âge mûr se sent vieillir et sait que l’âge mûr précède l’âge pourri, que la mort est inévitable, que la vie est trop courte. Il en vient à s’interroger sur les agissements absurdes de ses frères humains. Ses constats font de lui un misanthrope et lui font définir l’objet de sa haine : la connerie des hommes. Celle des autres mais aussi la sienne. »
Cette soirée promet d’être riche en fous rires grinçants, en pensant à Desproges, mais aussi émouvants en songeant à la riche et pertinente galerie de portraits qu’il nous a laissés en héritage !

Firouz-Elisabeth Pillet

www.pectaclesonesiens.ch, (022) 879 59 99