Musée de Carouge
Carouge, Musée : Les 50 ans du Théâtre de Carouge

Le Musée de Carouge présente, jusqu’au 16 mars, une exposition retraçant les 50 ans du Théâtre de Carouge.

Article mis en ligne le 1er février 2008
dernière modification le 2 novembre 2013

par Frank FREDENRICH

Le Musée de Carouge présente, jusqu’au 16 mars, une exposition retraçant les 50 ans du Théâtre de Carouge. Joël Aguet évoque pour Scènes Magazine les choix qui ont présidé à cette exposition.

À titre personnel, quels sont vos premiers souvenirs de spectacles à Carouge ?
Depuis quelque temps, j’ai l’impression d’avoir assisté à chacune des centaines de productions du Théâtre de Carouge ! Il m’a été donné de lire tant de documents et de retrouver un si grand nombre de photos d’archive, j’ai pu découvrir et, je l’espère, comprendre assez de fragments de cette histoire passionnante pour garder de la plupart des spectacles réalisés à Carouge de vifs souvenirs, même s’ils se sont déroulés avant ma naissance.

Les amoureux

Comment l’exposition a-t-elle été conçue ?
Elle a d’emblée été imaginée autour de la date du 30 janvier 2008. Cinquante ans plus tôt, jour pour jour, a eu lieu la première représentation publique du Théâtre de Carouge. Le pari était donc de prendre en compte les principaux épisodes de l’aventure de cette grande instance de production qu’est le Théâtre de Carouge-Atelier de Genève. Il paraît intéressant de permettre aux visiteurs de se replonger dans les époques successives. Ce qui conduit à évoquer soixante ans d’existence, car au demi-siècle d’existence du Carouge s’ajoute la dizaine d’années d’existence indépendante vécue par la troupe de l’Atelier, avec plusieurs grands succès, à la Maison des Jeunes de Saint-Gervais.
Le si joli Musée de Carouge, où cette exposition est conçue, compte six espaces. Dans chacun d’eux, une période est évoquée. Le visiteur retrouvera ainsi successivement le temps de François Simon et de la première salle qui fut démolie en 1967 puis, sous la houlette de Philippe Mentha, une période d’errance en de longues tournées internationales et une installation provisoire à Pitoëff. Pendant ce temps, l’Atelier développe un théâtre inventif et politique. Cette jeune troupe, formée par Simon et Mentha, rejoint en 1972 l’équipe du Carouge qui entre dans sa nouvelle salle. Sous la direction artistique de Guillaume Chenevière, Georges Wod et Maurice Aufair, auxquels vient s’ajouter le responsable de l’Atelier, François Rochaix, qui reprend la direction de la maison jusqu’en 1981, avant que Georges Wod ne prenne la direction, puis à nouveau Rochaix dès 2002.
L’exposition proposera un plein de souvenirs, et débordera même un peu des murs vénérables du Musée. Le visiteur pourra notamment revoir les comédiens et figures tutélaires de ce Théâtre, grâce à des séquences d’archives de spectacles et d’entretiens, dont nous sommes redevables, pour les vingt premières années à la TSR, puis à des séquences tirées des archives de ce Carouge si cher au cœur des Carougeois.

Les rustres

L’expo est-elle un reflet exhaustif de l’histoire du Théâtre de Carouge ?
Sans viser l’exhaustivité — qui sera un objectif, en revanche, pour le livre à publier sur le même sujet — l’exposition cherche à présenter surtout la diversité des démarches et la volonté commune de réaliser de grands spectacles. On ne peut imaginer évoquer l’un après l’autre les trois cents réalisations et reprises que le Carouge a présentées : des choix ont été nécessaires.

Un ouvrage consacré aux 50 ans du Théâtre de Carouge va être publié prochainement. Pour cet ouvrage et pour l’exposition avez-vous disposé de tous les documents nécessaires ?
Oui, mais non sans mal. Au cours des précédents étés, il fut nécessaire de réunir, trier et mettre en forme les archives existantes, tout en cherchant de les compléter, en obtenant des copies de documents, notamment photos. De nombreux photographes ont considérablement aidé à mieux faire connaître des spectacles anciens, par les images qu’ils en avaient prises.
Nous avons bénéficié aussi pour ces travaux de recherches minutieux et interminables de nombreuses personnes très motivées et souvent compétentes, grâce aux mesures cantonales. L’intérêt général que soutient de telle aides bien venues contribue de manière exemplaire à aider toute notre région à recouvrer sa mémoire culturelle. Car l’anniversaire jubilaire en cours était sans doute la dernière vraie occasion de faire le point sur une très riche activité de production, afin de pouvoir passer franchement, honnêtement, le flambeau à tous les créateurs des générations qui viennent.

Propos recueillis par Frank Fredenrich