A l’Opéra de Nice
Nice : “Tosca“

Nouvelle production de Tosca à Nice.

Article mis en ligne le mars 2008
dernière modification le 22 mars 2008

par François JESTIN

Nouvelle production de Tosca à Nice, qui inaugure brillamment cette « année Puccini », 2008 marquant le 150ème anniversaire de la naissance du compositeur.

C’est Paul-Emile Fourny, directeur de l’Opéra de Nice, qui signe cette nouvelle mise en scène, globalement traditionnelle. Quelques petites touches originales sont à relever, généralement à propos, sauf au 1er acte dans l’église Sant’Andrea della Valle, lorsque Tosca et Mario se roulent enlacés par terre ; on a en effet du mal à comprendre la soudaine pudeur de Tosca quelques minutes plus tard, à recevoir devant la Madone un baiser de son fiancé.
Chacun des quatre personnages trouvant une issue fatale (les trois principaux et Angelotti) est doublé d’un figurant, sorte d’ange noir qui passe et repasse sur scène, invisible des vivants, à la manière du film les Ailes du Désir de Wim Wenders. Le Te Deum en fin d’acte 1er permet aux choristes, en habits de Pape, de défiler sur scène en dodelinant comme des quilles. Enfin ce n’est pas un saut dans le vide qui conclut la représentation, mais Tosca s’accroche aux jambes de la statue de Saint-Ange, pour s’élever vers le ciel. Des panneaux mobiles en noir et blanc figurent, avec des effets efficaces de trompe-l’œil, les différents lieux de l’action. Les deux amoureux ont beaucoup de qualités pour eux : d’abord une jeunesse évidente, et puis également de beaux moyens vocaux. Brandon Jovanovich possède un tim-bre agréable et un coffre certain, mais il reste un ténor lyrique qui trouve ses limites sur l’aigu périlleux de « la vità mi costasse…  », prêt à craquer.

Nicola Beller Carbone (Tosca) et Brandon Jovanovich (Mario Cavaradossi)
© Opéra de Nice

Le « Vittoria, vittoria » sera plus tard bien plus… victorieux, et très beau aussi le «  E lucevan le stelle ». De son côté, la belle Nicola Beller Carbone affirme, surtout à partir de l’acte II, des moyens proches d’une soprano dramatique. C’est aussi au moment de son opposition à Scarpia que son jeu prend plus d’intensité ; et le « Vissi d’arte » en devient très touchant. Jovanovich doit en revanche travailler son incarnation de Cavaradossi : il reste pour l’instant un jeune premier de belle allure, mais « droit dans ses bottes » et peu concerné par le drame. Franck Ferrari (Scarpia) joue son rôle de très méchant dès son entrée en scène, mais malheureusement plusieurs notes restent sourdes, malgré la ferme intention de les projeter. Richard Rittelmann (le Sacristain) est faible, Jacques Greg Belobo (Angelotti) correct, et Ricardo Casinelli (Spoletta) semble une caricature de ténor de caractère. La direction du chef Fabrizio Carminati est de belle qualité, mais sans grande surprise ni vivacité, ce qui tend à aplanir le relief musical.

François Jestin

Puccini : TOSCA : le 22 janvier 2008 à l’Opéra de Nice