Opéra d’Avignon
Avignon : “ Norma“

Reprise cohérente de la production de Charles Roubaud inaugurée à Orange en 1999.

Article mis en ligne le septembre 2008
dernière modification le 19 septembre 2008

par François JESTIN

Charles Roubaud avait inauguré en 1999 sa production de Norma sur la scène gigantesque du théâtre antique d’Orange. Transposée à la manière d’un modèle
réduit pour l’Opéra-Théâtre d’Avignon, celle-ci reste cohérente.

Déjà présente à Orange en 1999, c’est à nouveau Hasmik Papian qui défend ici le rôle-titre, sans doute vocalement l’un des plus exigeants du répertoire. Mieux qu’il y a un an à Montpellier (voir SM 197), la soprano arménienne, toujours très investie, très vindicative, sait utiliser son instrument de soprano dramatique, et l’alléger pour de superbes piani. Les vocalises et les notes piquées sont plus que correctes, même si elle fait preuve de quelques faiblesses passagères, en particulier pour ce qui concerne la gestion de son souffle. La voix n’est pas non plus toujours homogène, avec des passages entre registres parfois trop francs.

Hasmik Papian (Norma)
© ACM – Studio Delestrade

Mais c’est la nouvelle prise de rôle de Sophie Koch (Adalgisa) qui restera dans les esprits et les oreilles ce soir : musicalité toujours impeccable, modulation intelligente du volume, variation des couleurs, tout y est, et on se demande bien comment elle pourrait encore progresser. Prise de rôle également pour le ténor Jeong Won Lee (Pollione), à la voix large et aux aigus vainqueurs, mais qui savonne ses passages vocalisés, aux côtés de Wojtek Smilek (Oroveso), toujours sûr et bien timbré.
Le chef d’orchestre Cyril Diederich n’est visiblement pas ici dans son répertoire de prédilection, il assure une battue rapide et trop métronomique, avare de ralentis et de contrastes. Une forêt de pieux en fond de plateau – les décors sont de Isabelle Partiot – permet la cueillette du gui lors de la 1ère scène, au cours de laquelle les chœurs nous semblent manquer d’un peu d’espace. Par la suite, les tableaux deviendront plus minimalistes, et favoriseront un jeu plus resserré sur les protagonistes principaux.
Les costumes de Katia Duflot sont dans la tradition mais de bon goût, et les éclairages sont réglés très efficacement par Marc Delamezière.

François Jestin

Bellini : NORMA : le 17 juin 2008 à l’Opéra d’Avignon