A l’Opéra de Nice
Nice : “Le Nozze di Figaro“

La production des Noces de Figaro à Nice ne convainc pas totalement.

Article mis en ligne le avril 2008
dernière modification le 30 avril 2008

par François JESTIN

Dès l’ouverture, on apprécie la direction musicale de Sergio Monteresi, mais sans plus. Certes la musique de Mozart est bien là, mais jamais allégée, ni dans le rythme ni dans le volume, et la battue en devient un peu académique.

La distribution vocale propose sans doute l’un des meilleurs couples de futurs jeunes mariés : le Figaro très bien chantant, solidement et joliment timbré du baryton Alex Esposito, en compagnie de la soprano lumineuse et cristalline de Anne-Catherine Gillet (Susanna). La soprano Helena Juntunen (la Contessa), aux moyens naturels plus larges, sait alléger toutefois son instrument, et son interprétation fait mouche.

« Le Nozze di Figaro », avec Anne-Catherine Gillet (Susanna), Helena Juntunen (La Contesse) et Alex Esposito (Figaro)
© Opéra de Nice

Malheureusement, le plateau est handicapé par la présence de Marcello Lippi (il Conte), qui relève visiblement d’une erreur de casting. Il est souvent à la limite de l’inaudible, alors que le Conte exige tout de même une certaine autorité vocale. Sa voix est instable, parfois proche du déraillement, et il semble peu concerné sur scène, raide comme un piquet. Dans une bien moindre mesure, la prestation de Delphine Haidan (Cherubino) déçoit : elle ne semble pas au mieux de sa forme, et manque de souffle pour assurer toutes les longueurs de phrases de ses deux airs. Giuseppe Naviglio (Bartolo) et Sophie Pondjiclis (Marcellina) ne font pas grande impression, alors que le ténor Rodolphe Briand (Don Basilio) et le soprano léger Malia Bendi-Merad (Barbarina) sont mieux caractérisés.

La mise en scène de Lubor Cukr utilise intelligemment un décor unique : des ouvertures dans les parois permettront de passer graduellement d’une ambiance intérieure à l’acte I, à la découverte de la chambre à coucher de la Contesse au II, puis au jardin et sa scène d’extérieur du IV. Le jeu des acteurs est vivant et naturel (sauf exception…), ce qui permet de capter sans défaillance l’attention du spectateur.

François Jestin

Mozart : LE NOZZE DI FIGARO : le 24 février 2008 à l’Opéra de Nice