Lausanne : « La Grande Rage de Philippe Hotz »

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En mars, le Théâtre La Grange de Dorigny met à l’affiche un texte de Max Frisch mis en scène par Michel Fidanza, en création.

Synopsis
Philippe Hotz est en rage. Sa femme vient de retirer sa demande de divorce, elle ne le croit tout simplement pas capable de mettre ses menaces à exécution. Mais elle va voir de quel bois il se chauffe ! Et s’il lui faut aller jusqu’à dévaster leur appartement et s’engager dans la Légion étrangère pour qu’elle le prenne enfin au sérieux, et bien c’est ce qu’il fera !

Dans cette comédie comique et parodique, Max Frisch explore ses thèmes de prédilection : le couple, la jalousie et la diffculté à s’extraire des schémas sociaux, qu’ils soient imposés ou imaginés. Le chassé-croisé habituel entre mari, femme, amant et maîtresse est plongé dans une mauvaise foi qui brouille les pistes et nous égare : où se trouve au juste la vérité ?

« La Grande Rage de Philippe Hotz »
Photo de répétition © Didier Deriaz

Note sur l’écriture
Selon le metteur en scène Michel Fidanza : Le propos de cette pièce apparaît de prime abord des plus courus, à tel point qu’une critique de l’époque a pu écrire qu’il y avait « dans Ho quelque chose de Courteline, Ionesco et même Labiche ». Max Frisch revisite certes un univers théâtral aux codes convenus, c’est une satyre mais avec une vigueur qui transcende les limites du genre. On sent que l’auteur a mis beaucoup de lui-même (Hotz, le protagoniste est écrivain) dans cette œuvre qui donne corps à ses thèmes de prédilection.
Ce qui frappe à la lecture du texte de cette pièce, c’est son extraordinaire actualité. Les thématiques qu’elle aborde, loin d’être datées, sont celles qui se posent aujourd’hui. Alors que la profusion de leurres identitaires rend la quête de ce que nous sommes toujours plus diffcile et que notre humanité est menacée de réification par la technologie, La Grande Rage de Philippe Hotz , par ses questionnements, constitue un salutaire antidote.
Entre ces apartés du protagoniste et ce qui se déroule sur la scène centrale, le va-et-vient est fréquent, il rythme le temps de la pièce et s’exprime selon deux modes très différents. D’un côté le jeu de l’action, de l’autre le discours de connivence avec Hotz. Le procédé est connu, mais il trouve ici une singulière efficacité, où coexistent deux univers, une farce dans la farce, qui ne se rencontrent jamais. Cette césure implique chez l’acteur principal une modification de sa manière de jouer à chaque passage, tandis que les autres ne sont pas affectés par ces déplacements.
L’effet comique principal qui émane du personnage principal, un peu à la Buster Keaton, tient à l’excès de sérieux qui le caractérise dans ses attitudes. Tout se passe comme si l’auteur posait sur lui-même le même regard caustique que sur le reste du monde.

Du 20 au 24 mars 2018

Réservations : grangededorigny.ch | 021 692 21 24