Comment apprend-on ?

La recherche au service de la pratique
mercredi 10 novembre 2010
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Quelles compétences pour le XXIe siècle ? Les pédagogies traditionnelles sont-elles à même d’atteindre les objectifs visés ?

Pour mesurer les acquis de l’apprentissage, l’OCDE a mis en place un remarquable arsenal d’études et d’enquêtes. Le Centre pour des environnements pédagogiques efficaces (CELE) examine ces questions du point de vue des équipements et des locaux pour s’interroger sur la conception et la gestion d’équipements adaptés au XXIe siècle. L’ouvrage « Comment apprend-on ? », qui s’appuie sur les données de la recherche, vise à informer les politiques et les pratiques éducatives sur la conception souhaitable des environnements d’apprentissage.

En bref

- Wiliam (chapitre 6) relève que de nombreux experts de l’éducation plaident pour que l’enseignant, dont le rôle traditionnel est celui d’un « sage sur l’estrade » (« sage on the stage »), se transforme en guide-accompagnateur (« guide on the side ») ». Il souligne le danger de cette caractérisation si elle est interprétée comme une exonération des responsabilités individuelles et collectives des enseignants quant aux acquisitions effectives des élèves.
- Être très conscient des motivations des apprenants et du rôle déterminant des émotions n’est pas une exhortation à être « gentil » – des encouragements non justifiés faisant d’ailleurs plus de mal que de bien – il s’agit avant tout de rendre l’apprentissage plus efficace, et non plus agréable.
- Le succès indéniable de nombreuses démarches faisant appel aux technologies (Mayer, chapitre 8), à l’apprentissage coopératif (Slavin, chapitre 7), à l’apprentissage par investigation (Barron et Darling-Hammond, chapitre 9) et à l’apprentissage par le service (Furco, chapitre 10) s’explique par leur capacité à motiver et impliquer les apprenants.
- « La famille est le premier système social au sein duquel les jeunes enfants commencent à acquérir des compétences cognitives et sociales fondamentales » (Schneider, Keesler et Morlock, chapitre 11), ce qui signifie que le bagage cognitif dépend de manière critique des sources d’apprentissage de la famille et du milieu et pas seulement de ce que l’école ou l’environnement d’apprentissage vise à transmettre.
- L’évaluation joue un rôle critique dans l’apprentissage. « La nature des évaluations définit les exigences cognitives du travail demandé aux élèves » (Barron et Darling-Hammond, chapitre 9), c’est une « passerelle entre l’enseignement et l’apprentissage » (Wiliam, chapitre 6). Lorsque l’évaluation est authentique et cohérente avec les objectifs éducatifs, c’est un puissant outil à l’appui des apprentissages ; dans le cas contraire, elle peut être une sérieuse diversion.
- L’évaluation formative est une caractéristique essentielle de l’environnement d’apprentissage du XXIe siècle. Les apprenants ont besoin de feedback important, régulier et signifiant ; quant aux enseignants, ils en ont besoin pour comprendre qui apprend et comment orchestrer le processus d’apprentissage.
- Les structures complexes de connaissances se construisent progressivement par l’organisation hiérarchisée des connaissances élémentaires ; des objets distincts d’apprentissage doivent être intégrés à des cadres, des connaissances et des concepts plus larges (Schneider et Stern, chapitre 3).
- La connexité qui résulte de l’élaboration de cadres plus larges permettant de transposer et d’exploiter les connaissances dans différents contextes et de résoudre des problèmes non familiers, est une caractéristique définitoire des compétences du XXIe siècle. Les apprenants ont souvent des difficultés à transposer ce qu’ils comprennent d’une idée ou d’une relation d’un domaine à l’autre.