Développement durable

Ici et maintenant
dimanche 19 décembre 2010
par  Bernard Vuilleumier
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L’éducation au développement durable est pavée de bonnes intentions. Mais ne devrions-nous pas commencer par « ici et maintenant » plutôt que de viser « partout à l’avenir » ?

Développement durable
Que de bonnes intentions, éthiquement correctes, avec lesquelles on ne peut qu’être d’accord. Mais le point qui m’intéresse le plus, c’est la mise en application et surtout l’impact. Or pour le connaître, il faudra bien trouver un moyen d’évaluer la contribution de cet enseignement au développement. Sur ce point là, les résultats sont quasi inexistants, de l’aveu même du conférencier. Et pour cause, il faudra attendre que les élèves soient des citoyens à part entière, et l’évaluation devra porter sur une grande partie de leur vie si on veut évaluer leur citoyenneté. Et il faudrait une approche autrement plus rigoureuse que celle qui prévaut dans de nombreuses recherches si on souhaite identifier – à supposer que cela soit possible – la contribution de cette éducation à l’amélioration de la citoyenneté et de la démocratie. Autant dire qu’éduquer au développement durable relève plus d’un acte de foi que d’un choix raisonné. Il n’est pas possible de convaincre discursivement du bien fondé de cette option.

En partisan de la méthode ric-rac, je préfère viser moins haut et regarder moins loin, dans mon école et dans les salles de classe par exemple : comment les collègues et les élèves collaborent-ils ? S’entraident-ils ? Comment s’y prennent-ils pour préparer un cours, trouver de l’information ? Comparent-ils les sources ? Partagent-ils leurs expériences ?

Et, dernière remarque, mais pas la moindre à mes yeux dans le contexte d’une éducation à la citoyenneté, dans quel état laissent-ils les tables, les chaises, le sol, le tableau, les claviers et les écrans en quittant la salle ? Il y aurait une étude intéressante à faire à ce sujet pour confirmer ou infirmer les affirmations suivantes :

  • ceux qui s’intéressent à l’état de la salle, du sol, du tableau, du clavier, de l’écran sont les vieux maniaques
  • il existe une corrélation forte entre l’intérêt porté par les élèves aux activités ou aux cours qui leur sont proposés et l’état de la salle lorsqu’ils la quittent
  • les élèves sont, comme les maîtres, assez coutumiers : il est rare qu’ils changent de place ou de pratique durant l’année. Les choses sont déjà très durables !