L’école au défi de la transparence Coût, évaluation, programmes

, par  Pierre Weiss , popularité : 1%

Dans tous les cantons romands, HarmoS, l’harmonisation des contenus de l’école obligatoire, entre en vigueur ; dans le canton de Vaud, c’est le cas du vote sur l’organisation en filières de l’école secondaire obligatoire. Cette actualité renvoie à un enjeu capital : la qualité de la formation. Qui en cache un autre : la transparence des résultats obtenus par l’outil étatique le plus important pour l’avenir du pays, qui pèse de plus de trente milliards de francs sur les finances publiques helvétiques, le deuxième poste derrière les dépenses sociales.

Comment être sûr
Car comment être sûr de la qualité de l’école si le voile du secret la recouvre ? Faut-il laisser les entreprises faire le tri lors de la signature des contrats d’apprentissage ou, plus tard, lors de l’engagement des diplômés des HES, EPF et autres universités ? Faut-il attendre que des fuites permettent d’être informés de résultats que les directeurs d’école enfouissent dans des coffres-forts à combinaison inviolables ? Car le paradoxe est que les évaluateurs par excellence que sont les enseignants n’aiment pas être évalués et que les responsables de l’éducation, du moins en Suisse, refusent, voire dénigrent sous mille prétextes, la pertinence des comparaisons.

Évaluation
Cette situation n’est plus tenable. Les justifications du secret bancaire, fiscal ou médical ne peuvent leur servir d’analogie ; ces élus se trompent, qui refusent le contrôle démocratique permis par la publicité des classements des écoles.
Une chose est certaine s’agissant de la qualité de la formation. Ce ne sont pas les structures seules qui garantissent une acquisition efficace des connaissances, mais un climat général de respect, de la part des parents et des élèves, face au savoir et à ceux qui le dispensent, de même que des programmes exigeants et des enseignants compétents.

Programmes
Pour les programmes, le temps viendra où l’ensemble du système de formation devra rendre des comptes, d’HarmoS aux mastères et aux programmes doctoraux impulsés par la réforme de Bologne, en passant par la maturité à options hyper-multiples. Pour les enseignants, confrontés à une baisse de leurs effectifs pour des raisons démographiques, mais aussi parce que le prestige rattaché à leur profession s’est délité, la crainte d’un bradage de la formation, exprimée par le président des enseignants romands (Tribune de Genève du 31 août) mériterait d’être entendue. Encore faudrait-il pour cela qu’il mette aussi en avant une élévation des exigences, et pas simplement un allongement quantitatif de la durée de la formation.

Une fois de plus. Une fois de trop.

Voir en ligne : L’école au défi de la transparence (éditorial d’Entreprise Romande n° 3087 du 2 septembre 2011)