L’idée de science chez des écoliers du secondaire en lien avec l’enseignement reçu De OHERIC à DiPHTeRIC

, par  Bernard Chabloz, Jean-Claude Noverraz, Jean-Michel Parisod , popularité : 1%

Dans le monde de l’enseignement, tout au moins du côté de la formation des maîtres, un mythe est tombé : celui d’une démarche d’inspiration positiviste, connue sous l’appellation OHERIC (pour Observation – Hypothèse – Expérience – Résultat – Interprétation – Conclusion). Des modèles plus conformes à la science telle qu’elle se pratique sont proposés çà et là. Cariou (2003), par exemple, en propose un sous l’acronyme DiPHTeRIC pour Données initiales – Problème – Hypothèses – Tests – Résultats – Interprétation - Conclusion.

Résumé

L’étude présentée ici concerne plusieurs classes de 9e année et une classe expérimentale de 8e année de la région Lausannoise. Nous nous sommes intéressés aux conceptions épistémologiques de ces élèves (ce qu’ils pensent de la science, des démarches et des comportements des scientifiques). Nous voulions savoir si ces conceptions dépendent de l’enseignement reçu et de l’orientation scolaire.

Nous avons soumis à l’examen des hypothèses selon lesquelles ces conceptions peuvent évoluer sous l’effet de l’enseignement prodigué et si des élèves de cet âge sont capables de construire seuls une démarche qui respecte certains canons de la recherche scientifique.

À cette fin, nous avons utilisé plusieurs moyens d’investigation : un questionnaire ouvert et un questionnaire fermé de type QCM adressés à plusieurs classes dont la classe expérimentale, des productions d’élèves et un questionnaire “après coup” adressés à la classe expérimentale seulement.

Les données recueillies montrent certains impacts d’un enseignement fondé sur une approche socioconstructiviste de l’apprentissage et sur une vision épistémologique contemporaine de l’enseignant. Ils nous permettent de penser que les conceptions épistémologiques des élèves dépendent en partie de l’enseignement qui leur est prodigué.

Nous tentons enfin de tirer quelques enseignements de cette recherche pour la formation initiale et continue des enseignants. Cette étude nous encourage en effet à mettre l’accent sur la dimension épistémologique de l’enseignement des sciences afin que les enseignants puissent pleinement endosser leur responsabilité épistémique face aux élèves.

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