Portrait des employés désengagés

Libérer les captifs
vendredi 18 juin 2010
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Une étude britannique dresse le profil de plusieurs catégories d’employés qui ne donnent pas le meilleur d’eux-même. Elle trace aussi des pistes pour remotiver ces collaborateurs captifs de leur job. Catherine Dubouloz, dans un article du Temps du vendredi 18 juin 2010, présente huit profils d’employés prisonniers de leur poste. Toutes catégories confondues, l’étude estime à 50% la part des captifs en entreprise. Le fait le plus alarmant pour les entreprises, est que 40% des employés quitteront leur employeur dans les 12 mois dès qu’ils en auront la possibilité.

Portraits

- Les prisonniers économiques : ils rêvent peut-être de partir, mais ne veulent pas en payer le prix en quittant un emploi qui leur offre de bonnes conditions. Ils sont retenus par un salaire confortable et des avantages matériels, comme un bon plan de retraite. Ces travailleurs sont plutôt protectionnistes et font barrage à la progression d’éléments plus jeunes.
- Les prisonniers de conscience : idéalistes et loyaux, ils croient dans le but et la mission de leur organisation, s’engagent avec passion et n’ont pas de velléité de départ. Mais ils ne sont pas forcément armés pour évoluer dans une structure souple et changeante. Ils sont surreprésentés dans les organisations à but non lucratif.
- Les prisonniers institutionnels : ils sont avant tout mus par la peur. Au service de l’entreprise depuis longtemps, ils ont perdu le contact avec le marché de l’emploi extérieur. Ils pensent que personne ne voudra d’eux et qu’il vaut mieux rester en sécurité chez leur employeur actuel. Ils sont attachés au statu quo.
- Les prisonniers de circonstance : ils veulent rester dans l’entreprise et être performants, mais sont limités par des facteurs extérieurs, comme le manque de formation ou un poste loin du siège. Ils ne se sentent pas assez compétitifs pour oser postuler à un meilleur poste, mais représentent un gisement de compétences potentielles inexploitées.
- Les rentiers à vie : ils sont bien où ils sont et font le minimum nécessaire pour survivre. Ils aiment la sécurité, le confort et recherchent des tâches prévisibles demandant peu d’efforts. Ils n’ont guère d’ambition. Parmi eux, certains sont captifs, pour des raisons familiales, d’un horaire ou d’un lieu de travail. Résistants au changement, ils apportent aussi de la stabilité à l’entreprise.
- Les fugitifs : difficiles à repérer, ils sont actifs et performants. Mais ils cherchent à quitter l’entreprise et attendent la bonne occasion. En période de crise, ils donnent le change, mais dès la reprise, ils risquent d’engendrer un fort taux de rotation et des coûts de recrutement
- Les étoiles filantes : ce sont des stars du métier qui ne font que passer, en attendant une meilleure occasion de briller ailleurs. Ils sont souvent appelés pour remplir une mission précise, une restructuration par exemple. Ou alors ils se sont mis à l’abri en période de crise. Très performants, ils peuvent laisser l’entreprise démunie à leur départ.
- Les parrains : ce sont des managers dangereux. Ils aiment le pouvoir et cherchent à protéger leur position en servant leurs intérêts avant ceux de l’entreprise. Ils considèrent tout rival potentiel ou nouvel arrivant comme une menace. Ils ont de l’influence sur les autres, se rendent indispensables et aiment s’entourer de gens médiocres.

Sources : « Releasing performance : the new agenda for HR », a Chiumento Green Paper 2009, et « Corporate Prisoners : the next release », a Chiumento Green Paper update, juin 2010.

Et dans l’enseignement : sondage

- Quelle est, selon vous, la part des captifs de l’enseignement ?
- Toujours selon vous, quelle proportion d’enseignants quitteront le DIP dans les 12 prochains mois ? (avant d’avoir atteint l’âge légal de la retraite)
- Dans quelle catégorie rangez-vous les prisonniers de l’enseignement ?

N. B. Pour participer à ces sondages, il faut être connecté à Math & Sciences (anonymat garanti). Si vous n’avez pas de compte sur Math & Sciences, vous pouvez en obtenir un dans les 24 h en adressant une demande au responsable du site.


Documents joints

Releasing performance : the new agenda for (...)