Ecouter des nombres

La musique et les mathématiques entretiennent depuis fort longtemps une relation privilégiée. Nous sommes redevables à l’Antiquité grecque d’une découverte essentielle qui reste, aujourd’hui encore, la seule base solide que l’on ait jamais pu assigner à l’analyse du fait musical : il s’agit de la relation entre le phénomène intuitif de consonance, c’est-à-dire l’impression subjective d’affinité que donne la perception de certains sons par rapport à d’autres, et l’expression mathématique du rapport entre les nombres caractérisant ces mêmes sons. La recherche de sonorités simples et pures, seules susceptibles d’une perception claire et d’une notation précise, a dès lors été l’objectif principal des théoriciens de la musique. Cet état d’esprit a subsisté jusqu’à la fin du XIXe siècle et Littré donne de la musique la définition suivante : « Science ou emploi des sons qu’on nomme rationnels, c’est-à-dire qui entrent dans une échelle dite gamme ».

Lettre précédente
Lettre suivante

Voir en ligne : Lettre au format pdf