Forme et contrainte

« Toute œuvre littéraire se construit à partir d’une inspiration qui est tenue de s’accommoder tant bien que mal d’une série de contraintes ou de procédés ». Cette déclaration de François Le Lionnais, fondateur avec Raymond Queneau de l’Ouvroir de Littérature Potentielle (Oulipo), subordonne l’inspiration à la contrainte. Pour Le Lionnais, le but de la littérature potentielle est de fournir aux écrivains futurs des techniques permettant d’ouvrir de nouvelles possibilités inconnues des anciens auteurs. Et Queneau appelle « littérature potentielle » la recherche de formes et de structures nouvelles qui pourront être utilisées par les écrivains de la façon qui leur plaira. L’Oulipo vise à inventorier – ou à inventer – les procédés par lesquels l’expression devient capable de se transmuer, par sa seule forme verbale, en d’autres expressions plus ou moins nombreuses. Il s’agit de faire apparaître, par un traitement mécanique des mots et des phrases, ce que l’inspiration engendre dans les sphères supérieures du sens.

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