L’île aux robots

Dans un livre captivant (1), Raymond Smullyan présente le concept d’autoreproduction en s’appuyant sur l’allégorie de l’île aux robots. Imaginez-vous en train de vous livrer à des observations sur une île couverte de robots. Vous constatez que certains robots semblent désemparés ; d’autres fabriquent de nouveaux robots avec des morceaux gisant çà et là ; d’autres enfin démontent leurs congénères, abandonnant les morceaux sur place, morceaux qui, la plupart du temps, sont réutilisés par les robots qui construisent de nouveaux robots. Sur chaque robot, vous remarquez, peintes, une suite de lettres majuscules. Vous pensez d’abord que ces lettres sont une sorte d’immatriculation servant à l’identification des robots, mais vous découvrez bientôt qu’il s’agit d’un programme destiné à indiquer ce que chaque robot doit faire : soit il doit déambuler ; soit il doit créer d’autres robots, et dans ce cas son programme indique quels programmes doivent porter les robots qu’il fabrique ; soit il doit en détruire et son programme précise alors quels robots il est chargé de démonter.

(1) Raymond Smullyan. Ça y est, je suis fou. Dunod, Paris 1993.

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