A l’Opéra de Nice
Nice : “Dialogues des Carmélites“

La distribution féminine rallie tous les suffrages.

Article mis en ligne le décembre 2010
dernière modification le 16 décembre 2011

par François JESTIN

Brillante ouverture de saison à l’Opéra de Nice, avec une distribution qui tient ses promesses.

Créée à Amsterdam, puis déjà montée à la Scala de Milan (un DVD a été édité à cette occasion) et à Madrid, la production de Robert Carsen est dépouillée, austère et prenante. Les hautes parois qui entourent le plateau sont somptueusement éclairées, et se lèvent parfois pour permettre les entrées et sorties des artistes. La mise en scène reste classique, avec comme touche originale la plus remarquée la dramatique scène finale où les Carmélites s’essaient à quelques mouvements chorégraphiés, avant de mourir en s’allongeant – sans tomber – les unes après les autres. Au pupitre, Michel Plasson, fait tout simplement ses débuts à l’Opéra de Nice… à 77 ans ! La direction musicale de ce tenace défenseur du répertoire français est admirable : les cordes sont soyeuses et le chef reste constamment attentif au volume de l’orchestre vis-à-vis de celui des chanteurs.

« Dialogues des Carmélites » avec June Anderson (Madame Lidoine)
© D. Jaussein

Les débuts de Karen Vourc’h dans le rôle de Blanche de La Force sont totalement convaincants : le texte est superbement articulé (qualité valable pour l’ensemble de la distribution), la voix est cristalline par moments, mais capable également d’aigus puissants. Sophie Koch est si imposante vocalement et sereine pour ce qui concerne son interprétation, qu’on a du mal à croire qu’il s’agit d’une prise de rôle en Mère Marie. June Anderson en Madame Lidoine est impressionnante : le timbre est toujours aussi attachant, les moyens imposent le respect et son français est devenu très agréable. Sylvie Brunet (Madame de Croissy) livre quant à elle un véritable numéro, à la fois vocal avec ses graves sonores et pleins de caractère, et visuel tellement elle « colle » au rôle de la Supérieure, tandis qu’Hélène Guilmette (Sœur Constance) est pimpante et bien chantante. Le niveau n’est pas aussi élevé côté masculin, avec un très élégant et délicat Frédéric Antoun (Chevalier de La Force), mais un Jean-Philippe Lafont (Marquis de La Force) à court d’aigus, et au style vériste souvent hors de propos, ainsi qu’un Paul Agnew (l’Aumônier du Carmel) décevant.

François Jestin

Poulenc : DIALOGUES DES CARMELITES - le 10 octobre 2010 à l’Opéra de Nice