Musée de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, Genève
Genève, Musée de la Croix-Rouge : Terrain(s)
Article mis en ligne le juillet 2007
dernière modification le 4 août 2007

par Verena GRABSCHEID

Solférino. Hiroshima. Grozny. Guantanamo. Des noms - une liste ; une liste non exhaustive, une liste qui n’est que l’iceberg car derrière elle s’étendent des paysages, des humains, des histoires. Les noms de ces villes et endroits
portent lourdement le souvenir et la conscience de guerre et de souffrance.

Le Musée International de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge propose une exposition photographique qui emmène le visiteur sur « le terrain » - plus précisément sur « les terrains », différents en lieu et temps. Les images, provenant pour la plus grande partie du fonds photographique du CICR, nous exhibent les différentes faces de l’aide humanitaire depuis les débuts du CICR. Des photos à l’allure statique de la fin du XIXe siècle, ainsi celle qui montre le personnel sanitaire en campagne, ou une autre, montrant une ambulance tirée par des chevaux. Immobiles, les animaux semblent attendre patiemment, feignant retenir le souffle jusqu’à ce que le photographe ait terminé. Plus loin, des photos récentes, la couleur relaie le noir et blanc. Enfin, le moment de la transmission d’un message Croix-Rouge, souvent l’unique lien entre les membres d’une famille séparée par un conflit, ou cette photographie qui a capté les premiers pas d’un enfant essayant ses prothèses de jambes.

Retenir le souffle
L’exposition n’est pas une mise en scène criante des horreurs de la guerre. Elle confronte le visiteur à des situations, à des moments de la vie en temps de guerre. Chaque photographie est seule, parle seule d’une guerre. Des légendes sobres donnent les informations nécessaires et guident le visiteur le long du parcours chronologique des images.
Maintes fois, les scènes semblent retenir leur souffle. Des moments de réflexion, ou simplement de vide en face d’un avenir incertain s’emparent de tant de personnes sur les photographies. Des regards inquiets, mais souvent, et malgré tout, exprimant de l’espoir, interpellent le visiteur.
Ainsi, le prisonnier de guerre, homme âgé, lève les yeux d’un air interrogateur et rempli d’espoir vers le délégué qui visite le camp. Ce dernier, que l’on n’aperçoit que de dos, nous paraît d’une taille surdimensionnée face au prisonnier de guerre. Un rapport de pouvoir ? Le pouvoir d’apporter un réconfort, une aide ? Combien de personnes se sont engagées au sein du Mouvement de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge pour apporter leur aide aux victimes de la guerre ? Une photo nous montre une chaîne de femmes volontaires de la Croix-Rouge britannique pendant la Seconde Guerre Mondiale, confectionnant des paquets pour les prisonniers de guerre. Une autre nous dévoile les immenses entrepôts, pendant la même guerre, dans lesquels d’innombrables mains ont assuré l’acheminement des secours.
Image après image, le visiteur avance dans le temps, passe de terrain en terrain et emporte des instants du vaste champ de l’engagement humanitaire aujourd’hui ainsi qu’à l’époque d’Henry Dunant sur les champs de la bataille de Solférino.

Verena Grabscheid

L’exposition (gratuite) est ouverte jusqu’au 29 juillet 2007. Tous les jours, sauf mardi, de 10h à 17h.
Visiter le site du musée
Bus 8 (direction OMS), F, V, Z, arrêt : Appia
Note : Le cycle de concerts en plein air, organisé ces dernières années au Musée de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, n’aura malheureusement plus lieu.