Focus de la Maison de commune, Savièse
Savièse : « Silhouettes bucoliques »

Frédéric Rouge et l’École de Savièse

Article mis en ligne le 30 mars 2022
dernière modification le 2 août 2022

Le focus est un espace attenant à l’Espace d’exposition de la collection communale. Dynamique, il accueille annuellement une exposition temporaire faisant écho à l’accrochage permanent et mettant en valeur des sujets patrimoniaux liés à Savièse. L’exposition actuelle est consacrée aux artistes de l’école de Savièse.

1900, Valais, Vaud : d’un côté une colonie d’artistes au cœur des Alpes valaisannes, installée principalement à Savièse ; de l’autre un artiste vaudois isolé, rentré de Paris, résidant entre Aigle et Ollon. Ernest Biéler (1863-1948), Marguerite Burnat-Provins (1872-1952), Henri Van Muyden (1860-1936), Edmond Bille (1878-1959), Marguerite Vallet-Gilliard (1888-1918), Raphy Dallèves (1878-1940), Paul Virchaux (1862-1930), Fritz Edouard Huguenin-Lassauguette (1842-1926), Otto Vautier (1863-1919), Germaine Boy (1885-1971) ou celles et ceux que l’on nomme “les peintres de l’École de Savièse” d’un côté ; Frédéric Rouge (1867-1950) de l’autre. Deux cantons, une même époque, un même sujet artistique : la figure rurale.

Du fermier à la vendangeuse, du lutteur au chasseur, au chevrier ou à la fileuse, Rouge et ses contemporain·e·s se focalisent sur les silhouettes bucoliques. Les manières de représenter diffèrent : si l’Aiglon produit des scènes vaudoises aux lignes romantiques et délicates, les artistes expatrié·e·s en Valais accentuent les traits et tendent vers une peinture plus symboliste. Tous et toutes souhaitent reproduire fidèlement la réalité des habitant·e·s qu’ils dépeignent. Réalité, vraiment ? L’idéalisation est notoire : si Rouge suggère de façon romanesque les occupations de ses sujets vaudois, les acolytes de l’École de Savièse occultent la réalité industrielle du Valais à travers des œuvres se focalisant presque uniquement sur les figures rurales, érigées en archétypes nationaux.

L’exposition propose de (re)découvrir les regards portés sur la ruralité par des artistes contemporain·e·s issu·e·s de cantons limitrophes, partageant de mêmes intérêts iconographiques et exposant ensemble à plusieurs reprises.

Jusqu’au 31 juillet 2022