Musée Guimet, Paris
Paris : « Toucher le feu »

Femmes céramistes au Japon

Article mis en ligne le 1er juin 2022
dernière modification le 27 octobre 2022

Depuis six ans, le Musée national des arts asiatiques Guimet (MNAAG) a fait de la création céramique contemporaine féminine au Japon un axe majeur de sa politique d’acquisition, inauguré par l’achat en 2016 d’une première pièce de porcelaine blanche, le vase Zenmai (« fougères ») réalisé par l’artiste Hosono Hitomi.

La céramique japonaise est l’une des plus dynamiques au monde. Le MNAAG a depuis poursuivi l’enrichissement de ses collections dans ce domaine, où la place de l’artiste femme est à la fois singulière et éminente, avec l’acquisition, suivant un axe soutenu par le ministère de la Culture sur la création féminine, de douze œuvres des 20e et 21e siècles. Elles sont présentées avec un ensemble d’autres œuvres japonaises issues des collections du musée.

Pendant des siècles au Japon, la pratique de la céramique fut réservée aux hommes, interdite aux femmes. Il faut attendre l’après Seconde Guerre mondiale pour que de profondes mutations sociales desserrent peu à peu le carcan des traditions. L’université des arts de Kyoto s’ouvre pour la première fois aux femmes en 1946, puis celle de Tokyo en 1952. Les femmes ont dès lors accès à des formations qui leur permettent de « toucher le feu ». Depuis, les artistes japonaises occupent une place prépondérante dans le domaine de la céramique contemporaine, incontestablement l’une des plus créatives au monde.

L’Île de Cythère de Tokumaru Kyoko (photo), étrange nature vive qui se développe à partir d’une forme classique au risque de la détruire, est l’une des méditations sur la germination qui caractérisent le travail de l’artiste.

Du 1er juin au 3 octobre 2022