La philosophie du libre
Bonsoir,
Félicitation pour cet article intéressant.
Il en dehors des avantages relatifs à l’organisation et à l’idéal du travail des développeurs que vous présentez, Il y a un autre aspect de la question que l’on pourrait traiter :
Celui des utilisateurs.
Ayant découvert il y a a peine deux ans l’immense éventail d’applications offertes sous Open source Unix ( en installant Fink et Darwin-Port sur mon mac ), j’ai été impressionné par la qualité et l’originalité de certaines d’entre elles. Cela tient probablement au fait que la sélection de ces applications ne s’opère pas sur la seule base des critères de marketing et de vente en masse. Il en résulte un plus grande diversité et aussi plus de créativité. Ici l’utilisateur n’est pas un client, le programme n’est pas un produit qu’il est condamné qu’à consommer et éventuellement à renouveler périodiquement. Il n’a pas à s’y adapter mais a au contraire l’opportunité de l’adapter lui-même à ses exigences personnelles.
Un exemple : Un de mes collègue a consacré les soirées d’une semaine et un week-end entier à rajouter manuellement des caractères disparus ( flèches des vecteurs … ) dans les formules de son cours de maths suite au passage d’une version à l’autre Word. Il aurait pu consacrer une partie de ce temps à installer l’éditeur libre TeXmacs d’une qualité bien supérieure, et une autre à s’initier aux rudiments du langage scheme nécessaire à personnaliser cette application…
J’ai récemment développer un plugin [1] pour utiliser Mathematica dans TeXmacs via Sage ( Sage est un autre logiciel de calcul formel, également issu du monde GNU ).
Il s’est agit d’une expérience stimulante, tant par l’intérêt du travail lui même qu’en raison des échanges et conseils que j’ai pu obtenir.
Le mur entre utilisateur et producteur s’estompe alors , faisant place à sorte de continuum d’utilisateurs plus ou moins impliqués dans le développement...
Pour revenir à votre sujet, bien que l’on puisse effectivement émettre quelques doutes quant à la possibilité d’étendre les pratiques mises en place par les communautés du libre à l’ensemble des activités économiques et à la politique, rien n’empêche cependant d’envisager cette issue en priorité à chaque fois que l’alternative se présente. Les brevets sont souvent un obstacle au développement des produits informatiques, du fait des limitations qu’ils impliquent ( non accessibilité légale au code ). Il est de même dans de nombreux autres domaines ( ne serait-ce que les aberrants brevets sur le vivant ).
En résumé : "la philosophie de l’information se construit autour de deux approches économiques différentes : l’information comme bien public contre l’information comme ressource marchande, la philosophie des Lumières contre Adam Smith, l’économie de substitution contre l’économie de marché, Linux contre Window …"
b.bratschi
[2] Alain Milon 1999 " La valeur de l’information" PUF